« C’était simple mais efficace »

Rob Tanner est journaliste pour The Athletic et couvre tout au long de l’année l’équipe de Leicester. Nous nous sommes entretenu avec lui en savoir un peu plus sur la progression qu’a connu le groupe sous les ordres de Claudio Ranieri.

Que pensez-vous du style de jeu de Leicester sous Ranieri ?

Quand Nigel Pearson s’en est allé/ a quitté le club et que Ranieri est arrivé, nous pensions qu’il rafistolerait l’équipe et le tactique. En Angleterre, il est connu en quand que « The Tinkerman » (le rafistoleur, ndlr.) Cependant, il a reconnu pendant le stage de présaison en Autriche que si l’équipe s’était maintenue de justesse en PL la saison précédente , c’est parce qu’elle possédait plusieurs joueurs avec des qualités, qui n’avait pas encore atteint leur plein potentiel. On peut penser à Ryad Mahrez ou Jamie Vardy. Il les a appeler la Royal Air Force parce qu’ils pourraient survoler et fondre sur l’adversaire en contre-attaque. Ainsi, il a construit une équipe solide, qui défendait bas et se projetait très rapidement en contre attaque. Une fois la venue des deux défenseurs centraux Christian Fuchs et Danny Simpson, et après le repositionnement de N’Golo Kanté au cœur du jeu, Leicester a débuté une excellente dynamique dans laquelle Vardy et Mahrez causaient tous les dommages.

Quels étaient les forces et les faiblesses de l’équipe ?

Défensivement, ils jouaient en bloc bas comme je l’ai dit, le rigidité était admirable. Particulièrement avec Wes Morgan et Robert Huth. Le milieu de terrain, Kanté et Albrighton, était , et l’attaque Mahrez et Vardy était tout simplement brillante. C’était le meilleur atout qu’ils avaient. En plus de ça, les joueur étaient physiquement au point et fut épargné par les blessures.

Pouvez-vous détailler le rôle du double pivot Kanté-Drinkwater ?

C’était une combinaison très efficace. Steve Walsh, l’ancien responsable du recrutement avait l’habitude de blaguer en disant qu’ils contrôlaient le jeu à eux deux. Drinkwater au milieu du terrain et Kanté de chaque côté. Tous deux travaillaient très durs Robert Huth m’a aussi expliqué que Kanté était la clé de cette année victoireuse. Il pouvait briser les lignes, téléguider une passe en profondeur pour Vardy ou Mahrez.

Que pensez-vous de la sur-performance défensive sur la saison (au niveau des Xg) ?

Quand tu te souviens à quel point le club à batailler pour obtenir ces quatre défenseurs et ce gardien, tu comprends vite pourquoi cette équipe a performé. C’était remarquable de constater à quel point ils performaient. Kasper Schmeichel avait déjà prouvé son niveau international mais les quatre autres étaient de « simples » défenseurs. D’ailleurs, Fuchs n’attaquait pas tant que ça. Ils gardaient leur configuration défensive, ils adoraient ça. Huth notamment adorait tacler, faire des têtes, et dégager la balle. C’était simple mais efficace.

Depuis plusieurs années on constate la place toujours plus importante des datas, surtout en PL. À cette époque, quelle a été l’influence de la data au club ?

Leicester avait un département de data analyse qui supervisait les matches. Ils n’avaient pas trop s’inquiéter de leur possession, Puisque leur style de jeu s’appuyait sur les possessions de l’adversaire. L’objectif était de ratisser les ballon (surtout Kanté) pour bénéficier de ses atouts balle aux pieds pour surprendre l’adversaire en contre-attaque. Les datas n’ont pas eu une grande utilité sur cette saison. Leur utilisation était sommaire, quelle distance était parcourue par tel joueur, comment transformer une bonne passe en passe clé…

Quand est-il de la campagne de Ligue des Champions de l’exercice suivant ? Lorsque Leicester élimine le FC Séville de Jorge Sampaoli.

Cette saison, tout ne se passe pas comme prévu. Néanmoins, les supporters sont surpris quand Ranieri est viré après le premier match contre Séville. Pourtant, Ranieri a tenté de changer la façon dont Leicester jouait, parce qu’il considérait que les adversaires connaissaient désormais son approche et étaient donc en mesure de s’y opposer. Trop tard selon les dirigeants. Craig Shakespeare prend sa suite pour le match retour contre Séville et revient à l’équipe, le jeu proposé par Leicester lors de son titre. Les joueurs étaient remontés à cause des rumeurs lancées par les médias. Ils auraient participé à l’éviction de Ranieri. De même, les supporters ont enflammé le King Power Stadium. Galvanisé, ils saisissent leur chance et renversent la situation. À l’inverse, le départ de Kanté a été un coup de massue. Il était un incontournable et n’a pas été remplacé. Le titre et son départ ont rempli les caisses du club, sans que cette manne soit utilisée à bon escient. Pour cette première campagne de LDC de leur histoire, le championnat est placé au second plan. C’est d’ailleurs une grosse déception.

Leur jeu « minimaliste » aurait-il été viable sur le long terme ?

Viable, il l’était certainement lors de sa première saison. Je pense que Ranieri a changé de jeu un peu hâtivement, étant donné qu’il n’avait pas seulement gagné le titre, mais gagné un titre avec 10 points d’avance. Le départ de Kanté a nécessité davantage de couverture défensive pour compenser la perte de volume du français. Ils ont recruté Papy Mendy, mais c’était un profil de joueur bien différent…

Quel regard portez vous sur les évolutions de Riyad Mahrez et N’Golo Kanté, en prenant en compte leur niveau à Leicester ?

Les deux ont prouvé qu’ils étaient d’excellents joueurs dans d’autres clubs, mais c’est Leicester qui leur a donné une chance comme aucun autre n’aurait pu le faire. Il leur a donné l’opportunité de montrer leur talent en Premier League, et ils l’ont très bien saisie. Ils se sont bien développés à Leicester et je pense que cela a aidé le club a recruter d’autres joueurs un petit peu « sous les radars » des grosses écuries. Ils ont vu que Leicester pouvait donner de bonnes opportunités à ce type de joueurs.

En parallèle, que gardez-vous du passage de Claude Puel à Leicester ?

Cela a été difficile pour Claude Puel parce que Leicester connaissait une période de transition à ce moment là. Puel a amené nombre de jeunes joueurs talentueux, comme Harvey Barnes, Ben Chilwell et James Maddison. C’était une équipe fait pour le futur. Cependant, il y avait de grandes attentes et très de patience concernant ce groupe. Je pense aussi que Claude Puel a connu des problèmes de communication avec son équipe, mais aussi avec les supporters.

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