Le grand renouveau ukrainien

« Il ne faut qu’une petite étincelle pour allumer un grand feu. » dit un proverbe ukrainien. Un dicton qui pourrait bien coller à la Zbirna, la sélection ukrainienne, qui a déjà fait beaucoup avec peu, avec Oleksandr Zinchenko en tête de proue du projet en somme. Arrivée en quart de finale de l’Euro 2020 et sous la houlette d’Andriy Shevchenko, l’Ukraine surprend. Revenue de loin il y a de ça à peine quelques mois après des années à errer au beau milieu des tréfonds du football de sélection européen, personne ne s’attendait à la voir si performante cet été. Cette épopée européenne est pourtant loin d’être le fruit du hasard. Entre changements de politiques sportives au niveau de la fédération et des clubs, le pays jaune et bleu a (déjà) dépassé son adversaire russe, avec qui la guerre ne semble jamais se finir.

Cet Euro 2020, c’est d’ailleurs la première fois que l’Ukraine performe autant en phase finale d’une grande compétition internationale, ayant remporté son premier match à élimination directe dans ce type de compétition. Se qualifier est déjà habituellement un exploit, mais y performer, presque un rêve. Outre le Mondial 2006, l’Ukraine ressemble à un trou noir. Beaucoup d’espoirs à l’entrée, rien à la sortie. En 2014, pour la qualification à la Coupe du Monde, privée d’un Sheva à la retraite, l’Ukraine hérite de l’Angleterre, la Pologne et le Monténégro comme principaux adversaires. Deuxièmes du groupe, la France et Mamadou Sakho termineront le travail en barrages, malgré un travail titanesque de Mykhailo Fomenko, débarqué en cours de campagne…Deux ans plus tard, l’Ukraine passera, cette fois-ci, en barrages de l’Euro 2016 face à la Slovénie (2-0; 1-1), mais réalisera une campagne désastreuse en France : 3 matchs, 3 défaites, aucun but marqué, une bonne bouillabaisse comme dans le var en somme. Trois ans plus tard, le pays accueillait l’Euro 2012 en compagnie de la Pologne, une compétition où les coéquipiers seront éliminés en phase de poules. Après une victoire face à la Suède (2-1) grâce à un doublé de Shevchenko, deux défaites suivront face à la France (2-0) et l’Angleterre (1-0), synonyme de 3ème place. À l’époque, l’UEFA ne qualifiait pas trois nations par poules, dommage. Pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2018, l’Ukraine est placée dans un groupe en compagnie de la Croatie et de la Turquie, mais surtout de l’Islande qui vient de réaliser un parcours plus qu’étonnant en France. Elle terminera finalement à la troisième place, la privant pour la première fois des barrages de qualification à un Mondial.

Comment est-on passé d’un tel marasme à une qualification en quarts de l’Euro ? Tout d’abord, petit retour vers le futur, pour un petit peu de contextualisation, histoire d’y voir plus clair.

Pendant une grande partie des années 1980, le football ukrainien était grandement semblable, voire identique, au football soviétique. Les formations du régime, à l’époque communiste, ont remporté six des dix titres de ce qu’on peut considérer comme la Ligue 1 du régime entre 1980 et 1989 (quatre pour le Dynamo, deux pour le Dnipro). En 1988, l’équipe nationale ultra talentueuse de l’URSS – entraînée par Valery Lobanovsky (grand érudit du football, considéré comme l’un des ancêtres du gegenpressing, ayant fortement influencé Ralf Rangnick ainsi qu’Andriy Shevchenko) – composée presque entièrement de joueurs nés en actuelle Ukraine, avait atteint la finale de l’Euro cette année-là. Après la fameuse chute du bloc soviétique, la Fédération de football d’Ukraine (FFU) est devenue autonome le 6 mars 1991. À partir de cette date, l’Ukraine a lancé ses propres championnats et coupes nationales, alors que le pays a donné naissance à trois ballons d’or, avant, puis après ce changement drastique : Oleh Blokhin, Igor Belanov et Andriy Shevchenko – respectivement en 1975, 1986 et 2004. Le développement s’est poursuivi au niveau territorial, avec en point d’orgue la qualification pour la phase à élimination directe de la sélection en 2006 (quart de finale, défaite face à l’Italie), ainsi que la victoire du Shakhtar Donetsk en Coupe de l’UEFA 2009. Le Dynamo était d’ailleurs demi-finaliste lors de cette édition, complétant un beau tir groupé ukrainien.

Si la situation était loin d’être glorieuse au niveau de l’équipe nationale, on pourrait alors se dire que la tendance était inverse pour les clubs ukrainiens, dans le sillage de la victoire du Shakhtar. En réalité, pas vraiment, voire pas du tout.

On part tout d’abord d’un -très- mauvais constat. En 2014, l’Ukraine est plongée dans une longue guerre contre les séparatistes soutenus par la Russie dans le Donbass, dont Donetsk fait partie. Le Shakhtar devra d’ailleurs quitter son camp de base, pris par les séparatistes, qu’il n’a toujours pas retrouvé aujourd’hui, puisque les affrontements qui ont fait plus de 14 000 morts font toujours rage. Zarya non plus n’a toujours pas reposé pieds sur ses installations, le centre de formation de Donetsk avait même été bombardé. Dès, 2014, la situation économique de la très grande majorité des clubs professionnels s’est détériorée et les propriétaires, souvent venus de l’oligarchie de l’ex-URSS, ont totalement arrêté d’investir dans leurs clubs. Au moins 20 clubs professionnels ont soit cessé d’exister, soit ont été sévèrement touchés depuis le début du conflit, dont le Dnipro Dnipropetrovsk, club connu des suiveurs de la Ligue Europa, qui a totalement sombré, au point de disparaître. D’autres ont survécu sous perfusion étrangère, les promus venus de seconde division refusaient de monter par peur de disparaître, du fait de la hausse du train de vie causé par l’accession en division un. Une crise sans précédent qui amènera une immense quantité de salaires impayés, de prêts à tout-va et pour finir l’exode de nombreux joueurs, souvent les plus talentueux, mais ça, on y revient juste après. À la suite de ces dissolutions à la pelle, le nombre d’équipes participant à la ligue nationale majeure ukrainienne a diminué, passant de 16 en 2014 à 14 en 2015, puis seulement à 12 entre 2016 et 2020. Cependant, l’exercice 2020-21 a vu ce nombre revenir à 14, la Fédération visant un retour à une compétition à 16 équipes d’ici la saison prochaine, projet qui devrait voir le jour si la crise économique due au covid ne refait pas des siennes. La Fédération a d’ailleurs récemment paraphé un contrat de sponsor titre avec VBet pour son championnat.

Vive la jeunesse !

Puisqu’un autre proverbe ukrainien raconte que « Chaque désavantage a son avantage« , il a bien fallu que la crise qui a englouti le football professionnel ukrainien profite à quelqu’un, ou quelque chose. Ce quelque chose, c’est la l’équipe nationale. Les gros clubs du pays ont mis l’accent sur la formation, le travail de ces derniers a payé en sélection.

Quand tout va mal financièrement, que vous devez brader vos meilleurs joueurs pour pouvoir survivre, que vous ne pouvez pas en racheter d’autres pour compléter votre effectif, sur qui vous appuyez vous ? Les jeunes, et quand vous ne pouvez pas les acheter, il faut bien les confectionner soi-même. C’est la que la formation intervient, et c’est la que la Zbirna a profité de l’enfer dans lequel ont été plongé les clubs de la Premier-Liha. Depuis la crise, les clubs sont obligés de développer leurs jeunes joueurs parce qu’ils n’ont pas assez d’argent pour acheter des étrangers. Former et développer ses jeunes joueurs c’est aussi réaliser des économies en salaires, recrutement, scouting et tout ce qui s’en suit.

Les clubs ukrainiens ont donc dû axer leur travail sur la formation, où « l’aspect physique compte beaucoup » selon Remy Garrel, propriétaire du Dynamo Kiev France sur Twitter. Meilleur moyen pour compléter son effectif à moindres frais, les clubs ont mis le paquet, surtout les plus gros. Il faut d’ailleurs distinguer les deux mastodontes du Dynamo et du Shakhtar du reste du territoire. Preuve de cet écart abyssal, selon Transfermakt, la valeur totale des effectifs de ces deux clubs est respectivement de 127 et 179 millions d’euros. Le troisième club de ce classement, le Zorya Lugansk, est lui situé à…18 millions d’euros.

Ces clubs-là [Dynamo Kiev et Shakhtar Donestk] ont de l’argent et donc des centres de formation derniers cris. Ils ont aussi les moyens de s’attacher les services de professionnels étrangers (la formation à Kiev a longtemps été dirigée par un staff espagnol), et même de conclure des partenariats au pays, mais aussi à l’étranger. Pour ce qui est du reste de l’Ukraine, les installations sont vétustes dans l’ensemble et le travail y est forcément moins « moderne ». Le Shakhtar s’appuie depuis de très nombreuses années sur des staffs étrangers (brésilien, portugais, roumains) alors que le Dynamo mise sur ses anciennes gloires. Des anciens
joueurs ayant remporté des titres avec le Dynamo et connus des campagnes européennes fructueuses. Les grands clubs ont des partenariats avec d’autres plus petits, -dont les propriétaires sont souvent les mêmes- en leur prêtant régulièrement des jeunes joueurs.

FCDK France

En 2019, l’équipe ukrainienne des moins de 20 ans a remporté la Coupe du monde des moins de 20 ans, alors que la « M20 » ne s’était même pas qualifiée lors des éditions 2017 et 2013 (8èmes de finale atteints en 2015) de la FIFA. La colonne vertébrale de cette équipe U20 était composée en grande partie d’espoirs du Dynamo Kiev. Le club a bien fait comprendre à ces joueurs qu’ils sont l’avenir du club et même de la sélection. D’ailleurs certains, comme le Dynamo et le Shakhtar n’ont pas hésité à lancer
immédiatement leurs espoirs en équipe première, une marque de confiance pour cette génération. Il n’y a ne serait-ce dix ans, les jeunes n’auraient jamais eu autant leur chance en équipe première. De jeunes joueurs comme Vitaliy Mykolenko, Viktor Tsyhankov, Volodymyr Shepelev, Heorhiy Sudakov ou encore Illia Zabarniy sont des exemples de ce tournant. À 18 ans ou à peine au-delà de la majorité, ils ont des rôles primordiaux à Kiev ou à Donetsk, grappillant des minutes en Ligue des Champions.

Si l’importance de la formation s’est accrue du côté des deux gros de la Premier-Liha, ce n’est absolument pas le cas pour le reste des clubs, que cela soit en première ou seconde division, faute de moyens. Le gouvernement n’étant pas impliqué financièrement (aucun programme d’ampleur nationale n’a été lancé pour promouvoir le football chez les jeunes/aider les centres de formation), les clubs ne peuvent compter que sur eux-mêmes, avec les difficultés économiques qui vont avec.

Dans la plupart des organisations, c’est la débrouille. Mettre sur pied une école de foot performante est au-dessus des moyens de beaucoup de clubs. De plus, pas mal de clubs « historiques » ont fait faillite et ont dû repartir au niveau amateur avec toutes les restrictions budgétaires qui vont avec. Le Dnipro, le Metalist, les clubs de Crimée, il faudra attendre encore quelques années avant de voir leurs écoles de foot retrouver leurs performances passées.


Pourtant, il faudrait que d’autres centres de formation émergent. Aujourd’hui le Dynamo et le Shakhtar sont en position de force, de par leur prestige, mais aussi leurs moyens. Un peu plus de concurrence au
niveau de la formation des jeunes serait bon pour le championnat. Malheureusement les finances
des autres clubs leur permettent difficilement d’investir dans des centres dernier cri ou bien encore
de faire venir des formateurs ouest européens. En regroupant leurs infrastructures, les clubs de D1 et de D2 proches géographiquement pourraient ainsi bénéficier de centres communs et ainsi mutualiser leurs frais.

FCDK France

Il ne faudrait donc pas que la réussite de la jeune Zbirna serve de cache-misère vis-à-vis du football de club ukrainien. La Premier-Liha, gravement touchée économiquement et sportivement, est encore en phase de reconstruction, et panse ses plaies. Et malgré le gros travail du Dynamo et du Shakhtar au niveau de la production de jeunes pousses, la lumière au bout du tunnel est encore loin d’être aperçue.

Exode vers l’étranger.

Un autre penchant de cette crise a touché le mercato des clubs ukrainiens : ils ont du vendre, et contrairement à leurs habitudes, à l’étranger, leurs joueurs étrangers.

La guerre à l’est et l’occupation de la Crimée ont surtout fait peur aux joueurs étrangers. Les Sud-Américains notamment, ont cherché à quitter le pays au tout début. Les clubs menacés par cette crise se sont rapidement installés dans la capitale (parfaitement sécurisée), malgré cela les étrangers avaient peur pour leur famille surtout et ont naturellement cherché à partir. Il était difficile pour les clubs, petits ou gros, de convaincre des étrangers de venir jouer au pays. À partir de là, ils ont dû se focaliser sur la formation des jeunes et non plus le recrutement.

FCDKFrance

Ce phénomène a aussi touché les joueurs nationaux, qui ont « enfin » pu obtenir un bon de sortie que certains souhaitaient depuis des années. Andriy Yarmolenko était un des plus gros prospects du pays au début de la décennie 2010, s’est vu refuser à plusieurs reprises un transfert vers une grande puissance européenne. Lorsqu’il a finalement obtenu sa chance en 2017, il avait déjà 28 ans, le train était déjà passé. Preuve du changement de cap, les exemples de Ruslan Malinovskyi, Oleksandr Zinchenko (seulement formé en Ukraine), Oleksandr Zubkov (Ferencvaros) ou Andriy Lunin, tous partis très jeunes en Italie, Espagne ou Angleterre. Une filière s’est même mise en place avec la Jupiler Pro League, où évoluent notamment Roman Bezus, Roman Yaremchuk de La Gantoise, Eduard Sobol à Bruges ou encore Yevhen Makarenko (Anderlecht). L’Ukraine s’est rendue compte qu’il était mieux pour sa Zbirna de voir ses joueurs -souvent jeunes- intégrer les plus grands championnats européens pour parfaire leur formation, même au sein de clubs qualifiés de moyens, plutôt que dans les tops clubs de la Premier-Liha.

Le manque de revenus, causant un déficit structurel certain pour de très nombreux clubs ukrainiens, a forcé les dirigeants à amorcer un modèle très inhabituel, davantage basé sur les ventes. Un modèle plus autosuffisant, qui ne nécessite pas de « remises au pot » à chaque mercato pour pouvoir recruter des joueurs. Depuis la chute du bloc soviétique, le football ukrainien était dominé par des oligarques, parmi les plus gros clubs, Akhmetov au Shakhtar, Kolomoyskiy au Dnipro et Ihor Surkis au Dynamo. Cette dépendance est ce qui a mis les clubs dans une position extrêmement précaire lorsque ces mêmes propriétaires lors du début de la crise socio-économique, et ce qui a notamment conduit à la disparition du Metalist Kharkiv et du Dnipro Dnipropetrovsk. Ces oligarques ne détenaient pas ces clubs dans le but de former des joueurs, mais plutôt dans l’optique de plaisir tel Roman Abramovitch, ou bien encore comme ascenseur politique comme peuvent le faire les proches de Vladimir Poutine. Désoligarchiser le football ukrainien et mettre davantage l’accent sur le développement des jeunes ne peut qu’avoir des effets positifs à long terme, à la fois pour la Premier-Liha et pour l’équipe nationale. Même si le championnat national ne pourra pas profiter de toutes les jeunes pousses qu’elle formera, ce modèle permettant de garantir un minimum de rentrées de liquidités pourrait permettre aux clubs de sortir la tête de l’eau, et ne pas aller irrémédiablement dans le mur comme il y a quelques années.

En attendant que les clubs renaissent de leurs cendres, la sélection elle, l’a déjà fait, en partie grâce à un homme…

Shevchenko, le renouveau de la sélection.

Arrivé en tant que sélectionneur depuis 2016, le plus grand joueur de l’histoire de l’Ukraine, Andriy Shevchenko, a aussi eu un impact raisonnablement immense sur la sélection de son pays. Trop peu qualifié pour les compétitions internationales majeures sur le pré, « Sheva » a décidé de poursuivre l’écriture de la légende, sa légende, sur le banc, après six mois d’apprentissage comme adjoint de Mikhaïlo Fomenko. Il arrive après un Euro 2016, que l’on peut qualifier, au mieux, de catastrophique.

À l’image de Kasper Hujldman du côté danois, l’objectif de Sheva est clair : changer la philosophie de jeu de la sélection, en rajeunissant grandement l’effectif.

« Je veux que l’équipe joue un football constructif. Mais ce doit être un football équilibré, de manière créative »

Andriy Shevchenko

Pour cela, il s’inspire de son mentor, Valeri Lobanovski, qu’il a croisé lors de ses débuts au Dynamo Kiev. Un entraîneur qu’il considère comme un « professeur, plus qu’un père ». Il s’entoure aussi d’adjoints ayant connu Maurizio Sarri et Claudio Ranieri : Mauro Tassotti, Andrea Maldera, Andrea Azzalin et l’analyste vidéo Luigi Nocentini. Un changement philosophique radical pour une sélection ukrainienne, habituée à compter sur ses « hommes de bases », souvent venus de la maison. Voir des étrangers prendre en main la Zbirna peut paraître lunaire d’un point de vue ukraino-ukrainien.

« L’entraîneur a beaucoup de personnalité et est bien connu en Italie et en Angleterre. Il a donné à l’équipe nationale quelque chose de nouveau que nous n’avions pas auparavant. Nous avons grandi en tant qu’équipe grâce à lui. Nous avons appris beaucoup de choses, une manière plus européenne. Avant, nous jouions plus simplement, maintenant nous cherchons d’autres choses. Tout est nouveau. »

Ruslan Malinovskyi

Mise en place du jeu de position, bloc positionné bien plus haut, contre pressing à la perte…habitués à évoluer en bloc bas/médian suivi de transitions offensives, les joueurs jaunes et bleus vont être chamboulés. Les séances vidéos s’enchaînent, et si vous n’êtes pas assez impliqué, le sélectionneur n’hésitera pas à vous écarter du groupe. Il a d’ailleurs cessé de sélectionner des joueurs du championnat russe, dont le défenseur Yaroslav Rakitskiy. Il souhaite enseigner à ses joueurs « quand encercler, quand donner, quand attaquer et défendre ou contrôler la possession ». Les séances sont filmées par des drones pour ne rien manquer. Il s’appuie beaucoup plus sur les statistiques et les analyses que ses prédécesseurs. Un programme alléchant, mais surtout, un travail de longue haleine.

Malgré tous ces efforts, la mayonnaise ne va pas prendre, pas tout de suite, l’Ukraine manquant donc la qualification pour le mondial russe, renforçant les doutes quant aux compétences de Shevchenko en tant qu’entraîneur. Mais la roue va tourner quelques mois plus tard. Une victoire à Kiev (2-1) en octobre 2019 face au Portugal scellera un parcours éliminatoire pour l’Euro 2020 presque parfait, au sein d’un groupe notamment composé de la Serbie en plus de Fernando Santos & Cie (6 victoires, 2 nuls, première place du groupe). La pandémie a également durement touché l’équipe nationale. Anton Khudaev, le médecin du staff de Shevchenko est mort de complications liées au coronavirus en juillet dernier, à 48 ans. Puis, en novembre, toute l’équipe a été écartée par mesure sanitaire après que 10 joueurs aient été testés positifs à la veille d’un match de Ligue des Nations contre la Suisse, finalement clôturé sur tapis vert par l’UEFA. Heureusement, sur le plan sportif, tout n’avait pas tourné au cauchemar.

Plus globalement, depuis la nomination à la tête des Zhovto-Blakytni de l’homme qui aux 48 buts en 111 apparitions sous le maillot jaune et bleu, l’Ukraine a remporté plus de la moitié de ses matchs. Mélangeant 4-3-3 et 3-5-2, l’Ukraine est devenue multidimensionnelle et délicate à jouer. Une recette qui a permis à Sheva et ses hommes de sortir de sa poule à la faveur du repêchage des meilleurs troisièmes, après une cruelle défaite en ouverture face aux Pays-Bas (2-3), une victoire sur la Macédoine du Nord (2-1) et un revers face à l’Autriche (0-1) suivront. Les Ukrainiens s’extirperont finalement des huitièmes face à la Suède après un but miraculeux d’Artem Dovbyk en fin de prolongations (2-1), avant de s’écrouler face à une létale Angleterre (0-4)…

Vivement 2022 du côté de la Zbirna, même si l’idée d’une coupe du Monde hivernale au Qatar ne fait que très peu envie. Avec une nouvelle génération qui aura encore pris un petit peu plus d’expérience et forte d’un beau parcours cet été, l’Ukraine pourrait bien de nouveau surprendre l’année prochaine. D’ici là, son championnat aura lui aussi continué de soigner ses blessures, en espérant peut-être l’arrivée d’aides extérieurs afin de contrarier l’hégémonie du duo Dynamo-Shakhtar sur le plan économique comme sportif

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