Tour d’Europe des stades, zoom sur les 11 théâtres de l’Euro 2020.

Il est le temple d’une passion qui ne connaît aucune limite. Aménagé de tribunes ou d’un simple grillage, vêtu d’une pelouse fraîchement tondue ou d’un no man’s land, éclairé par d’immenses projecteurs ou par de simples lampadaires. Le stade de football n’a pour définition que l’amour qu’on lui porte, les moments de joie profonde et les souvenirs qu’on lui attribue.

Pour la première fois de l’histoire de la compétition, l’Euro 2020 devait avoir pour siège 13 villes européennes. Une initiative menée par l’UEFA qui connaît comme réglementation exceptionnelle la quantité d’accueil des supporters en rapport avec les événements liés au Covid. C’est dans cette optique que Bruxelles, Bilbao et Dublin se sont vu retirer l’accueil de l’Euro, faute d’un stade suffisamment grand ou d’une capacité d’accueil en adéquation avec les attentes de l’UEFA, c’est à dire au minimum 25% de remplissage du stade. In fine, 10 des stades initiaux sont retenus pour accueillir cette édition si spéciale pensée par Michel Platini. Quelques semaines avant le début de la compétition, Séville s’insère dans le projet qui forme désormais 11 villes hôtes, les voici :

  • Johan Cruijff Arena – Amsterdam, Pays-Bas 
  • Estadio de la Cartuja – Séville, Espagne 
  • Puskás Aréna – Budapest, Hongrie
  • Parken Stadium – Copenhague, Danemark 
  • Arena Națională Bucarest – Bucarest, Roumanie
  • Hampden Park – Glasgow, Écosse 
  • Saint Petersburg Stadium – Saint-Pétersbourg, Russie
  • Allianz Arena – Munich, Allemagne
  • Olimpiya Stadionu – Bakou, Azerbaïdjan 
  • Stadio Olimpico – Rome, Italie
  • Wembley – Londres, Angleterre

Du 1er au 11 juin, Fausse Touche a voyagé dans les 4 coins de l’Europe pour vous présenter chaque jour sur son compte Twitter un des théâtres de l’Euro 2020. Ces 11 jours passés, voici un article complet qui condense toutes les informations avec quelques modifications et rectifications.

Johan Cruijff Arena.

Première escale de ce voyage autour des stades de l’Euro, Fausse Touche vous emmène dans un haut lieu du ballon rond : Amsterdam. L’emblématique Venise du Nord mérite amplement sa place dans le panthéon des villes de football, nous allons découvrir que son stade, la Johan Cruijff ArenA le mérite tout autant.

Inauguré en août 1996 sous le nom d’Amsterdam ArenA, ce stade de 55.000 places prend en 2018 le nom de Johan Cruijff ArenA en hommage au décès du hollandais volant en mars 2016. L’enceinte est imaginé par Rob Schuurman, architecte également du stade de Radès en Tunisie qui accueille l’EST et le Club Africain. La Johan Cruijff ArenA est le successeur du mythique De Meer et accueille les matchs de l’Ajax ainsi que ceux de la sélection oranje. Pourtant, le club ajacide doit verser 10 millions d’euros par an à la ville puisque l’enceinte ne lui appartient pas, ce malgré quelques tentatives de rachat sans succès jusqu’ici. Enclavé par deux stations de métro, l’ArenA est située dans le quartier de Bijlmermeer au sud-est d’Amsterdam. D’apparence assez froide même si grandiose de l’extérieur, cette enceinte se veut ultra moderne avec notamment un toit rétractable qui peut œuvrer en une demi-heure. Pourtant, le stade donne une tout autre image de l’intérieur : composé de deux anneaux, les tribunes rouges et blanches laissent forte impression dès la première entrée. Au plafond, une bannière met en scène tous les titres glanés par le club ajacide ainsi que deux grands écrans au-dessus des virages.

Critiqué à son inauguration pour l’état de sa pelouse, la couleur des tribunes ainsi que l’organisation des sections ultras, le stade connaît de nombreuses modifications et rénovations pour être le théâtre que l’on connaît aujourd’hui. Voici des images du stade il y a quelques années : 

Durant la compétition, l’ArenA sera l’hôte de 4 matchs, dont 3 matchs en phase de poules (Pays-Bas-Ukraine, Pays-Bas-Autriche ainsi que Pays-Bas-Macédoine du Nord) et un 8ème de finale qui opposera le 2ème du groupe A et le 2ème du groupe B.

Estadio de la Cartuja.

Nous prenons dans cette seconde partie la direction de l’Andalousie et de sa capitale. Ville joueuse, danseuse et dotée d’un riche patrimoine culturel, Séville est aussi une place forte du football. Son stade olympique el Estadio de La Cartuja, dernière ville hôte sélectionnée par l’UEFA, fait partie de nos destinations.

Le stade olympique de la Cartuja ouvre ses portes en 1999 avec pour objectif d’être une plateforme omnisports. Il est imaginé et dessiné par le cabinet d’architecte Cruz y Ortiz, à l’origine également du Wanda Metropolitano. On remarque d’ailleurs des similitudes au niveau du toit des deux stades.

Stade Olympique de Séville
Wanda Metropolitano, Madrid

Par ailleurs, n’appartenant pas à un club ni à une ville en particulier, l’enceinte est détenue par la Sociedad Estadio Olimpico composées de plusieurs entités. Les communautés autonomes andalouses, la ville de Séville ainsi que le gouvernement espagnol en sont majoritaires. L’appellation “olympique” du stade vient évidemment de son utilisation et de l’initiative même de sa construction. Conçue pour répondre aux critères du Comité International Olympique, Séville devait être en mesure d’accueillir les JO ainsi que plusieurs compétitions d’athlétisme. 3ème stade de la capitale andalouse, il succède à l’estadio Benito-Villamarin du Bétis Séville et l’estadio Ramon Sanchez Pizjuan du FC Séville. Il trouve son refuge sur l’île de la Cartuja au nord de Séville dans le district de Triana, bordée par le mythique fleuve Guadalquivir. D’un point de vue extérieur, on retrouve une architecture ovale propre aux stades olympiques ainsi que des bâtiments disposés aux quatre coins du stade pour former une spirale. Son toit laisse paraître en son centre un puits de lumière circulaire.

A l’intérieur, on regrette l’immense piste d’athlétisme qui laisse un grand espace entre les supporters et la pelouse, d’autant plus pour ceux qui sont en virage. Les tribunes sont composées de 2 anneaux circulaires et d’un dernier en arc de cercle au niveau de la pelouse. Par ailleurs, le Stade de la Cartuja accueille la grande majorité des matchs de la sélection espagnole et accueillera vraisemblablement les trois prochaines finales de la Copa del Rey, une initiative menée par la fédération espagnole de football. Son introduction au sein des stades hôtes de l’Euro aura cependant fait couler beaucoup d’encre. Pour cause, 5,4 millions d’euros sont retirés du budget alloué au ministère de l’éducation espagnol pour remettre le stade en état en vue de la compétition. La Cartuja accueillera trois matchs de la Roja durant la phase de poule : l’un face à la Suède, l’autre à la Pologne et le dernier face à la Slovaquie. Enfin, sa pelouse verra un 8ème de finale opposant le 1er du groupe B et l’une des 3 sélections repêchées des groupes A, D, E ou F.

Puskas Arena.

Après Amsterdam et Séville, Fausse Touche vous emmène aujourd’hui en Hongrie à Budapest, la perle du Danube. Une ville marquée par son histoire au cœur de l’Europe centrale qui accueillera l’Euro 2020 dans un stade pas comme les autres : la Puskas Arena.

La Puskas Arena voit le jour en 2016 sur les traces de l’ancien stade Ferenc-Puskas. En effet, le stade mythique de Budapest d’abord nommé Nepstadion puis rebaptisé au nom du légendaire buteur hongrois est démoli en 2016 pour laisser place à un stade tout neuf et moderne. Ce stade de 67.000 places est la propriété de la fédération hongroise de football. Il est imaginé par György Skardelli pour accueillir les plus grandes compétitions à l’instar de l’Euro 2020. Situé à l’est du centre historique de Budapest dans le VII arrondissement, l’architecture de la Puskas Arena fait l’effet d’un paradoxe : un stade ultra-moderne du 21ème siècle en plein cœur d’une ville historique qui garde les souvenirs de son passé. En effet, Budapest est une cité remplie de parcs, squares, espaces verts et projets de modernisation qui cohabitent avec les cicatrices de la révolution hongroise.

À l’intérieur, on découvre d’immenses tribunes rouge composées de 3 anneaux. Au plafond, l’immense puits de lumière circulaire laisse une impression d’immensité, et 4 écrans géants sont disposés au 4 coins du stade. Au dessus du 3ème anneau, on remarque une piste d’athlétisme donnant une vue imprenable sur le stade. La présence de cet espace témoigne de l’envie de la Hongrie de faire de la Puskas Arena une place forte non seulement du football mais aussi d’autres sports. 

Depuis sa résurrection l’enceinte accueille les matchs de la Hongrie ainsi que de nombreux matchs importants sur la scène européenne. Budapest comptait d’ailleurs se présenter aux JO d’été 2028 avec la Puskas Arena comme fer de lance, finalement doublé par Los Angeles. La Puskas Arena accueillera durant l’Euro trois matchs du groupe F dont Hongrie-Portugal, Hongrie-France et Portugal-France ainsi qu’un 8ème de finale qui opposera le 1er du groupe C au 3ème du groupe D, E ou F.

Parken Stadium.

Nous levons les voiles vers le Danemark et sa capitale Copenhague, véritable bijou scandinave, qui entend être une place forte du commerce européen et un espace privilégié pour les artistes. En entrant dans le quartier des ambassades d’Osterbro, un bâtiment se démarque fièrement des autres : le Parken Stadium.

Jardin du FC Kobenhavn ainsi que de la sélection danoise, le Parken Stadium voit le jour en 1992 selon les plans de Gert Andersson. Il est un des petits poucets des stades hôtes de l’Euro puisque ses quasiment 40.000 places parviennent de justesse à convaincre l’UEFA de faire rentrer le stade danois dans les plans de l’Euro 2020. C’est dans cet optique que la fédération danoise de football tend à construire un nouveau stade, voire de rénover un stade existant d’ici les prochaines années pour rentrer dans les standards de modernité et de capacité d’accueil des grands stades actuels. Depuis 1998? l’enceinte appartient entièrement au FC Kobenhavn, club phare de la capitale. Dans la mesure d’un accord offrant une connexion haut-débit dans le stade, le nom de son sponsor apparaît entre 2014 et 2020 dans l’appellation officielle du stade et devient pendant un temps le Telia Parken. Situé dans une zone géographique en proie aux intempéries, le Parken dispose d’un toit rétractable dans le même registre que celui de la Johan Cruijff ArenA. Par ailleurs, son architecture diffère de l’esthétique “olympique” des deux derniers stades que nous avons visités.

En effet, le Parken Stadium a tous les traits d’un véritable stade à l’ancienne : ici, pas de toit circulaire ou d’extravagances architecturales. On retrouve un stade à l’allure plutôt austère mais qui révèle tout son charme et son histoire lorsque l’on y entre.

Les tribunes composées de 2 anneaux et disposées en 4 parties dans le stade ont cette particularité si précieuse d’être au plus près du rectangle vert, tout juste séparé d’un panneau publicitaire. Cette particularité en perdition se trouve dans certains stades mythiques anglais. Dans le cadre de l’Euro, le Parken de Copenhague accueillera les 3 matchs de poule de la sélection danoise face à la Finlande, la Belgique ainsi que la Russie. Enfin, un 8ème de finale se déroulera sur la pelouse danoise, opposant les deuxièmes des groupes D et E.

Arena Nationala.

Rendons-nous désormais à Bucarest en Roumanie. Situé dans le sud du pays, la ville est au cœur des routes commerciales d’Europe de l’Est. En avançant vers l’est de la ville nous découvrons au cœur du quartier de Vatra Luminoasa la si spéciale Arena Nationala, hôte de l’Euro 2020.

Ce stade remarquable a été inauguré en septembre 2011, et devient grâce à ses 55.000 places le théâtre de grands matchs sur la scène européenne. Il est par ailleurs l’antre de la sélection nationale roumaine et la propriété de la ville de Bucarest. Le stade accueillera dès la saison prochaine certaines grandes affiches de la capitale. Plateforme omnisports à l’image de certains stades que nous avons visités auparavant, l’Arena Nationala est construite sur les fondations de l’ancien stade national (Stadionul National). De plus, une membrane rétractable retenue par des câbles permet de protéger le stade des intempéries.

Son architecture si singulière en fait un bâtiment d’exception et diffère des autres stades à la forme ovale. Malheureusement, il est souvent critiqué par ses visiteurs pour la qualité et l’hygiène de ses infrastructures. Une fois entré dans le stade, on observe trois niveaux de tribunes aux couleurs de la Roumanie. Petite surprise supplémentaire, alors que la forme du stade suggère une piste d’athlétisme, on retrouve des tribunes proches du rectangle vert et sans pistes à ses pieds.

Les nombreuses aérations latérales ainsi que le puits de lumière (d’ailleurs assez rarement recouvert par la membrane) permettent une luminosité très agréable lorsqu’on assiste à un match de jour. On remarque enfin les écrans suspendus “à l’américaine” au centre des membranes. L’Arena aura l’opportunité d’accueillir 3 matchs du groupe C pendant les phases de poules et verra donc l’Ukraine, l’Autriche et la Macédoine du Nord s’affronter. Il sera le théâtre d’un 8éme de finale opposant le 1er du groupe F ainsi qu’un des 3èmes repêchés (A, B, C ou D).

Hampden Park.

En guise de 6ème volet sur les stades de l’euro, nous quittons l’Europe de l’est et la Roumanie pour l’Écosse. Ville historique et reconnue pour son architecture victorienne, Glasgow porte dans son cœur le mythique Hampden Park, un puits sans fond d’anecdotes et d’histoire.

Il est l’un des stades de ce gabarit et de cette capacité des plus anciens. Ouvert au public en octobre 1903, le stade est imaginé par le grandiose Archibald Leitch. On lui doit d’ailleurs la plupart des stades en Grande Bretagne dont Anfield, Stamford Bridge, le Celtic Park et bien d’autres. Depuis 1937, Hampden Park détient un record d’affluence de 150.000 spectateurs, mais contraint d’adopter les nouvelles réglementations en termes de sécurité dans les tribunes, ne peut accueillir aujourd’hui que 52.000 spectateurs dans des tribunes couvertes et sécurisées. Propriété de la fédération écossaise de football, le stade est initialement construit pour servir le Queen’s Park FC. Ce club historique a connu l’élite écossaise mais joue maintenant en quatrième division (montée en D3 cette année) et ne joue plus à Hampden depuis l’an passé. L’enceinte accueille les matchs de la sélection ainsi que les finales de coupes. Plusieurs fois rénovée et modifiée, l’enceinte arbore une coiffe ovale et une architecture extérieure peut-être un poil datée. Cependant, Hampden Park reste un bâtiment grandiose et continue d’impressionner les visiteurs qui s’y rendent par l’aura qu’il dégage. 

Image d’archives d’Hampden Park

Une fois dans le stade, on remarque les tribunes aux couleurs de l’Écosse ainsi qu’une piste d’athlétisme. La légende raconte qu’en tendant l’oreille, il est possible d’entendre les chants des supporters venant de la tribune sud, virage légendaire du QPFC aujourd’hui transformé.

Hampden Park a été le théâtre de quelques belles affiches européennes telles que la mythique “finale des poteaux carrés” ou la finale de Ligue des Champions en 2002. De plus, il accueillera durant l’Euro 3 matchs du groupe D et un 8ème de finale (1er du groupe E contre 3ème des groupes A, B, C ou D).

Saint Petersburg Stadium

Il est venu le moment de se rendre vers le dernier pays hôte de la CDM en date, plus précisément sa capitale culturelle. En effet, Saint-Pétersbourg et la Russie accueilleront l’Euro 2020 dans le deuxième plus grand stade du pays, la Gazprom Arena.

Il est un stade aux nombreuses identités et aux innombrables polémiques. Situé à l’ouest de la ville sur l’île de Krestovski au porte des Baltiques, ce stade de 68000 places est imaginé par Kisho Kurosawa dans l’objectif de répondre aux critères de la FIFA pour la CDM 2018. Saint-Pétersbourg Stadium, Stade Krestovski ou encore Gazprom Arena, ce sont tous les noms encore attribués à ce stade construit sur les bases du mythique Stade Kirov. Par ailleurs, il est le repère du Zénith Saint-Pétersbourg qui possède le même sponsor que le stade (Gazprom).

C’est en 2007 que débute la construction du stade, et il se révèle très rapidement comme un véritable gouffre financier de part les problèmes de construction, de sponsor mais surtout de corruption qu’il connaît. Des centaines de milliers d’euros disparaissent des caisses en plus de la crise économique qui s’abat sur l’Europe, et les constructeurs sont soupçonnés de demander aux employés de travailler gratuitement pour éponger les dettes. Finalement, le stade est inauguré 10 ans plus tard. Le stade récupère l’appellation de “stade le plus cher du monde” et n’est pas forcément dans les bonnes grâces des locaux. Malgré tout, son architecture ultramoderne et son allure de soucoupe volante en font une expérience unique et un bâtiment d’exception dans Saint-Pétersbourg. De plus, il possède des innovations parmi les plus pointues ainsi que des aménagements de qualités tels que son toit rétractable qui permet de protéger la pelouse des intempéries, une pelouse coulissante et les nombreuses infrastructures qui entourent le stade. A l’intérieur, la couleur des tribunes rappelle évidemment les couleurs du Zénith. Ces dernières sont composées de deux anneaux et on remarque que l’espace y est optimisé pour accueillir le maximum de supporters.

La Gazprom Arena a accueilli des matchs prestigieux durant sa courte vie grâce à la CDM (France 1-0 Belgique par exemple) et connaîtra la finale de la LDC 21/22. Concernant l’Euro 2020, il sera le théâtre des 6 matchs des groupes E et D ainsi que d’un quart de finale inconnu.

L’Allianz Arena.

Nous rejoignons dès à présent l’Allemagne et Munich pour découvrir l’ovni architectural qu’est l’Allianz Arena, le bijou du football allemand ainsi que du Bayern Munich. Construit en terre bavaroise le “canot pneumatique” est bien plus qu’un stade, c’est une prouesse de design.

Ce stade situé dans la banlieue nord de Munich au cœur du quartier de Frötmanning possède une capacité de 70.000 places assises pour les rencontres internationales. Il est par ailleurs le fruit du travail de l’agence d’architecture et de design Herzog & de Meuron. Ce célèbre cabinet n’est autre que le concepteur de bâtiments reconnus pour leur architecture unique tels que le Stade national de Pékin, la Tate Modern à Londres ou encore le Matmut Atlantique bordelais. L’Allianz Arena est conçu comme un objet de design qui peut s’intégrer dans l’urbanisme bavarois. Son apparence extérieure n’est pas sans rappeler les losanges bleu et blanc présents dans l’écusson du Bayern ainsi que dans l’emblème de la Bavière. Par ailleurs, grâce aux dispositifs lumineux disposés dans la façade, le stade brille de 3 couleurs différentes : bleu, blanc et rouge. 

Rouge pour le Bayern, blanc pour la sélection et bleu pour le TSV Munich 1860. En effet, le TSV était jusqu’en 2016 en colocation avec le Bayern pour les matchs de championnats. Aujourd’hui, les rouge et blanc sont seuls résidents et propriétaires de l’enceinte. Le stade munichois ouvre ses portes en mai 2005 dans l’objectif de participer à la CDM 2006. Les nombreuses infrastructures routières et autoroutières autour du stade ainsi que sa position excentrée par rapport à Munich permettent un accès facilités aux visiteurs. La façade, composée d’un peu moins de 3000 coussins d’air constamment, est l’atout majeur de l’architecture de l’Allianz Arena. Rappelons que le groupe d’assureurs Allianz possède son nom dans l’appellation du stade grâce au soutien financier lors de la construction. Quant à l’intérieur du stade, l’enceinte reprend les bases des plus grands stades européens. Ainsi, les 3 niveaux de tribunes alternent entre rouge et blanc et arborent fièrement le logo du Bayern Munich. La fameuse devise “Mia San Mia” est représentée sur l’anneau le plus bas.

L’Allianz Arena, en plus de connaître les matchs du Bayern, a été le théâtre de rencontres mythiques à l’image de la finale de LDC 2012 (où le club bavarois s’incline face à Chelsea) ou encore de quelques face à face mythiques lors de la CDM 2006. Lors de l’Euro 2020, l’enceinte bavaroise verra les 3 matchs de la Mannschaft dans le groupe F ainsi qu’un quart de finale dont l’affiche est encore inconnue. Enfin, il sera l’un des stades hôtes primordial de l’Euro 2024 prévu en Allemagne. 

Olimpiya Stadionu.

9ème étape de notre voyage autour des stades hôtes de l’euro, nous nous dirigeons aujourd’hui vers le Caucase et l’Azerbaïdjan. Sa capitale, Bakou, porte en son cœur l’Olimpiya Stadionu (Stade Olympique), vitrine de l’Azerbaïdjan dans le but de redorer l’image du pays. 

Situé dans la périphérie nord-ouest de Bakou aux portes du Lac Boyukshor ce stade de 70.000 places est inauguré en 2015 en vue des Jeux Européens organisés cette même année. L’enceinte participe par ailleurs au renouveau architectural lancé par le pays depuis les années 2000. En effet, l’inauguration de ce stade ultra-moderne s’ajoute à d’autres projets architecturaux tels que la Flame Tower ou le Baku Crystal Hall. Ces installations ont pour objectif de contraster avec les bâtiments historiques présents dans la vieille ville médiévale.  Conçu en 3 ans, l’Olimpiya Stadionu est imaginé dans un premier temps par le cabinet d’architectes turc TOCA Mimarlik. Ne répondant pas aux attentes, les plans sont confiés à Heerim Architects (Corée du Sud) avec pour objectif de répondre aux critères de l’UEFA, de la FIFA. et de l’IAAF. De plus, le président Ilham Aliyev voit en ce stade la possibilité de laver l’image de dictature et de nation hostile qui plâne au dessus de l’Azerbaïdjan. Il n’hésite pas à se montrer lors de la cérémonie de début de construction en 2011 en compagnie de Michel Platini et Sepp Blatter. L’antre de la sélection nationale n’est par ailleurs pas uniquement une vitrine dans son utilisation mais aussi dans son apparence. Façon “vitraux”, sa façade laisse percevoir le haut des tribunes de l’extérieur quand il fait jour et brille de mille feux la nuit lors des grandes occasions.

Contrairement aux stades olympiques équipés de pistes d’athlétisme, l’enceinte présente une forme parfaitement circulaire et non ovale. L’Azerbaïdjan et son actuel dirigeant Ilham Aliyev souhaite d’ailleurs se servir de l’Olimpiya Stadionu comme un atout majeur pour un potentiel d’accueil des JO. On découvre à l’intérieur les deux anneaux de tribunes couleur vert d’eau.

Le stade a déjà été le théâtre de quelques grands événements sportifs à l’image des Jeux Européens de 2015 et de la finale de Ligue Europa qui a vu Chelsea s’imposer 4 buts à 1 face aux Gunners. Durant l’Euro 2020, le Stade Olympique de Bakou verra sa courte histoire s’agrandir puisqu’il abritera 4 matchs en tout, à savoir 3 matchs de poules du groupe A ainsi qu’un quart de finale dont l’affiche reste encore inconnue.

Stadio Olimpico.

Dernière ligne droite, notre parcours est pourtant encore riche et semé d’anecdotes puisqu’il nous reste deux des plus grands stades à visiter. Aujourd’hui c’est au tour du Stadio Olimpico de Rome de nous confier ses secrets et de nous révéler une partie de son histoire, mêlée subtilement à celle de la cité romaine.

Rome, ville historique, grandiose et passionnante. Autant d’adjectifs pour qualifier une ville millénaire qui dissémine des morceaux de son histoire au travers de ses rues. Le Stadio Olimpico vient donc s’ajouter à la longue liste de monuments présents dans la ville. Il est un stade rempli d’histoire, un livre ouvert sur le sport italien. Construit en 1953, le Stade Olympique de Rome est l’un des doyens de cette compétition. Il compte aujourd’hui près de 70.000 places et abrite les matchs de la Lazio et de l’AS Roma, qui y cohabitent. De plus, l’arène connaît depuis 2012 les matchs de la sélection nationale de rugby à XV, alors que l’équipe devait jouer dans le Stade Flaminio. Aujourd’hui, tous les matchs à domicile du XV italien se déroulent dans le stade romain. Par ailleurs, il prend place dans le mythique Foro Italico au nord-ouest de Rome dans un cadre superbe. Le projet du stade est initié par le Comité National Olympique Italien, qui missionne Annibale Vitellozzi, alors un des acteurs majeurs de l’architecture romaine. En vue de la Coupe du Monde 1990 qui prend place en Italie, Vitellozzi s’entoure de Maurizio Clerici ainsi que de deux autres ingénieurs dans le but de rénover et restructurer le stade pour rentrer dans les normes de la FIFA et proposer une meilleure expérience aux supporters.

Les tribunes sont d’ailleurs entièrement couvertes depuis. Enfin, celui qu’on surnommait “Stadio del Centomila” (stades des 100.000 places, à tort d’ailleurs) voit ses tribunes être rénovées et diminuées (-10.000 places) en 2007 pour respecter les normes de sécurité de l’UEFA. De plus, il est évident de par son nom que le Stadio Olimpico est une enceinte omnisports qui peut accueillir le maximum de sports et de compétitions différentes. En ce sens, le stade accueille les JO de 1960 ainsi que plusieurs championnats d’athlétisme.

Affiche des JO romain de 1960

Esthétiquement, sa forme ovale et son imposante piste d’athlétisme ne vont pas sans rappeler son appellation olympique. Il bénéficie d’une jolie façade et d’un toit réussi qui mettent en valeur l’enceinte dans le cadre du Foro Italico. Concernant l’intérieur, les tribunes composées de deux anneaux sont les témoins de la ferveur romaine et sont censés accueillir l’une des meilleures ambiances européennes. Ces dernières sont sobrement décorées de bleu pour ne pas mettre plus en valeur un club que l’autre.

Le Stadio Olimpico a été l’antre de plusieurs finales de LDC et de matchs importants à l’échelle européenne voir mondiale durant la CDM 1990. De plus, la cérémonie d’ouverture de l’Euro 2020 se déroulera à Rome au sein du stade. Concernant l’Euro, il sera le théâtre des 3 matchs de l’Italie durant les poules du groupe face à la Turquie, la Suisse et le Pays de Galles et verra également un quart de finale.

Wembley.

Dernière étape de ce long voyage autour de l’Europe, il est temps de se rendre dans la cathédrale du football européen, le temple du ballon rond. Londres, ville décomplexée, possède une aura de football qui trouve sa source à Wembley, notre destination aujourd’hui.

Le Wembley stadium est l’épicentre de l’âme footballistique anglaise. Située dans le borough de Brent dans le nord-ouest de la ville, l’enceinte est construite sur les bases de l’inachevée tour de Watkin. C’est en 2005 après plusieurs reports que la fédération anglaise de football lance la construction du nouveau stade par l’intermédiaire des cabinets d’architectes Foster&Partners et Populous. Le “New Wembley” voit finalement son ouverture en mars 2007. Petite aparté concernant Foster & Partners, ce cabinet est reconnu pour ses réalisations modernes au travers de la ville de Londres et de quelques pays en Europe. On lui doit par exemple la conception du Millenium Bridge, de la British Library mais aussi de l’Apple Park. Par ailleurs, le nouveau Wembley présente une architecture unique qui a pour but de redorer l’image du quartier alors laissé à l’abandon. Il est le stade à la deuxième plus grande capacité d’Europe avec 90000 places, toutes couvertes, derrière le Camp Nou (100000 places). Malheureusement, grandes ambitions riment très souvent avec grands moyens. Ainsi, l’arène anglaise devient la plus chère de l’histoire avec un peu plus d’1,5 milliards d’euros tout compris et voit son inauguration officielle à l’occasion de la finale de FA Cup de 2007. Wembley est souvent surnommé la cathédrale du football. Il tire ce surnom non seulement de son aura et de la place de choix qu’il détient dans le panthéon des stades de football, mais aussi de son esthétique unique. En effet, l’arche de 130 mètres qui s’élève au-dessus du stade en fait son unicité. La mise en place de cette arche métallique avait pour objectif de remplacer les piliers à l’intérieur du stade tout en soutenant le stade par ses extrémités.

Finalement, elle est le symbole de l’enceinte et permet à quiconque de remarquer le bâtiment. De plus, la majorité de la façade est composée de plaques de verre pour alléger son esthétique plutôt métallique. L’enceinte est à la pointe de la technologie avec toutes les innovations nécessaires à l’entretien et la température de la pelouse ainsi que celles concernant le toit rétractable. Le stade respecte également les mesures concernant l’écologie et les demandes en énergie. Le Temple of Football est conçu pour accueillir le plus d’évènements sportifs, et remplit à son ouverture tous les critères des organisations en question. La liste des événements sportifs qui s’y sont déroulés depuis 2007 peut faire rougir les plus grands stades mondiaux.  Plusieurs finales de Ligue des Champions, des finales de cup, des matchs du XV anglais, une partie des JO d’été, des coupes du monde et d’Europe de rugby à XV… Tottenham disputait également ses matchs à domicile à Wembley avant d’entrer au Hotspur Stadium. A l’intérieur du stade, n’importe quel fan de ballon rond ne mettrait pas longtemps à s’ébahir devant ce chef-d’œuvre. L’impression d’immensité ne peut se ressentir qu’une fois dans les tribunes rouges protégées par les structures métalliques. 

Wembley est plus qu’un stade hôte de l’Euro 2020, il est le théâtre phare de la compétition. Le berceau du football verra durant la compétition 8 matchs, dont les 3 matchs de poules de l’Angleterre, deux 8ème de finale, deux demi-finales et bien sûr la finale de la compétition.

Nous voici au terme de ce dossier regroupant les 11 stades de l’Euro. On remarque sans difficultés la diversité des stades présents dans cette liste, tant dans l’esthétique que dans les ambitions. Chaque pays ou ville offre à son stade une particularité, un cadre et une aura qui le rend unique. Le stade de football construit son histoire au travers des matchs et compétitions dont il est le théâtre, et l’Euro 2020 saura sans nuls doutes apporter son lot d’histoires et d’anecdotes.

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