Pourquoi les clubs de Premier League devraient davantage reposer sur leur centre de formation ?

Alors que la majorité des clubs de Premier League traversent actuellement une crise financière sans précédent en raison notamment de l’absence de supporters dans les stades depuis un an, le prochain mercato estival pourrait contraindre les clubs anglais – habitués à dépenser sans compter – à aborder une nouvelle stratégie de recrutement et renforcer leur effectif tout en dépensant moins d’argent pour contrer les pertes engrangées ces derniers mois. L’occasion parfaite pour enfin se tourner vers leur centre de formation, encore trop peu exploitées par les clubs de l’élite anglaise. Si Manchester United, Chelsea ou encore Arsenal font de plus en plus – malgré eux – confiance aux jeunes issus du centre de formation, cette tendance peine à se démocratiser en Premier League, à tort. Explication.  

Un modèle économique obsolète.

Suite à l’explosion des revenus de droits TV de Premier League, la formation a peu à peu été délaissée au profit d’achats de joueurs ayant déjà prouvé au plus haut niveau, renforçant ainsi la culture de l’instantanéité. Alors que le dernier de Premier League touche autant en revenus de droits TV que le champion de Ligue 1, on comprend pourquoi le marché des transferts outre-manche représente la folie des grandeurs, même chez les promus. Ce n’est pas pour rien que la finale des barrages d’accession à l’élite anglaise est surnommée “le match à 100 millions d’euros”, référence au montant minimum que touchera le vainqueur la saison prochaine en cas de succès et ainsi de promotion.  

Toutefois, au fil des années, les flops se sont multipliés en Premier League, renforçant ainsi l’image de club dépensant sans compter, et sans se soucier des potentielles retombées. Angel Di Maria, Memphis Depay et Alexis Sanchez à Manchester United, Nicolas Pépé à Arsenal, Kepa Arrizabalaga, Davide Zappacosta, Abdul Rahman, et Danny Drinkwater à Chelsea, Eliaquim Mangala et Nolito à Manchester City…. Le nombre de flops chez les membres du top 6 au cours des dernières années est assez saisissant, à l’image des montants dépensés par des clubs comme Fulham lors de leur remontée en Premier League en 2018. Pour tenter de s’assurer le maintien, les Cottagers dépenseront 117 millions d’euros, dont 60 millions pour Maxime Le Marchand, Jean-Michael Seri et André-Franck Zambo Anguissa.  

Plutôt que d’exploiter leurs centres de formation, les clubs de Premier League ont également l’habitude d’acheter des joueurs, pour les prêter plusieurs saisons consécutives sans même leur donner une chance. C’est le cas notamment de Manchester City, avec Douglas Luiz et Patrick Roberts, mais la référence dans ce domaine reste incontestablement Chelsea avec des noms tels que Marco Van Ginkel, Kennedy, Jamal Blackman, Lewis Baker, Lucas Piazon et Matt Miazga qui enchaînent les prêts depuis de nombreuses saisons, dont certains depuis 2012, soit presque 10 ans de prêts dans des clubs différents.  

Danny Drinkwater et Davide Zappacosta, recrutés à l’été 2017 pour un total de 63 millions d’euros (Crédit Photo : Football.London)

Au-delà de gâcher des carrières de joueurs autrefois prometteur – même si l’entière responsabilité ne repose pas sur le club, mais également sur le joueur – cela montre comment les clubs de Premier League gèrent leurs effectifs, et sont toujours avares de plus-value et de belles affaires. Si le joueur a du potentiel, il intègrera l’équipe première après quelques prêts, comme ce fut le cas notamment d’Emile Smith-Rowe pour Arsenal (prêté à Leipzig), ou encore de Reece James (prêté à Wigan) et Mason Mount (prêté au Vitesse Arnhem puis à Derby County) pour Chelsea. Si ce dernier ne convainc pas, il enchaînera ainsi les prêts sans pouvoir trouver de la stabilité jusqu’à la fin de son contrat.  

Cette tendance des clubs anglais a ainsi provoqué l’envol de nombreux jeunes talents des centres de formation, craignant d’avoir le même destin et ainsi de voir leur progression freinée par la concurrence. Un pays en particulier semble attirer les jeunes joueurs en quête de temps de jeu et souhaitant poursuivre leur développement : l’Allemagne.  

L’Allemagne, nouvel eldorado pour les jeunes anglais.

Ils se nomment Jamal Musiala, Jude Bellingham ou encore Jadon Sancho. 3 noms qui font office de référence dans le développement et l’exportation des jeunes anglais en Bundesliga. Ayant quitté l’Angleterre respectivement à 15 ans, 16 ans et 17 ans, rejoignant le Bayern Munich pour l’un et le Borussia Dortmund pour les deux derniers, les jeunes talents ont pu parfaire leur développement et sont désormais des atouts au sein de l’équipe première de cadors en Bundesliga. Outre Jude Bellingham qui était un pilier à Birmingham, il ne fait peu de doute que Jamal Musiala et Jadon Sancho auraient eu plus de mal à s’imposer à Chelsea et Manchester City. Si ces trois joueurs font office de pionnier, d’autres ont également tenté leurs chances ces dernières saisons à l’image de Reiss Nelson et Ryan Sessegnon (Hoffenheim), Emile Smith-Rowe et Ademola Lookman (RB Leipzig) ou encore Reece Oxford (Augsburg), qui sont toutefois tous retournés dans leurs clubs formateurs en Premier League à l’issue de leur prêt.  

“C’est évidemment une belle opportunité pour les jeunes joueurs. Jadon Sancho a été le premier à avoir lancé ce mouvement, et tout le monde a suivi un peu plus tard. Je pense donc que les joueurs anglais, en particulier les jeunes, ont jusqu’à présent bien réussi en Allemagne.” 

Ryan Sessegnon, prêté à Hoffenheim par Tottenham cette saison

La Bundesliga est le championnat possédant la moyenne d’âge la plus basse d’Europe, et les clubs n’hésitent pas à lancer leurs jeunes pépites dans le monde professionnel dès le plus jeune âge, à l’image du Borussia Dortmund avec Youssoufa Moukoko (16 ans), le Bayer Leverkusen avec Florian Wirtz et Kai Havertz (17 ans) ou encore le RB Leipzig avec Timo Werner (17 ans). Un gage de confiance pour les jeunes pépites anglaises, alors qu’au sein de leur club formateur, ces derniers ne peuvent espérer que des prêts dans les divisions inférieures anglaises ou du temps de jeu en équipe réserve, dans des matchs n’ayant ainsi aucun enjeu.  

L’évolution du nombre de joueurs Anglais en Allemagne est un phénomène qui ne touche pas seulement la Bundesliga, mais l’ensemble de la pyramide footballistique allemande (Crédit Photo : Café Crème Sport)

A l’issue de la saison 2019/2020, une étude menée par la Premier League a notamment fait le classement de Premier League des clubs utilisant le plus des joueurs issus du centre de formation. En dernière position se trouvaient Wolverhampton et Watford, qui ne possédaient alors qu’un seul joueur formé au club au sein de leur effectif. Morgan Gibbs-White pour les Wolves, qui n’a pu bénéficier que de 123 minutes de jeu sur l’ensemble de la saison, et Adrian Mariappa chez les Hornets, qui a quant à lui obtenu 1227 minutes de jeu tout au long de la saison.  

Parmi les membres du top 6, on retrouve notamment Manchester City à la 17e place de ce classement avec uniquement trois joueurs formés au club : Angelino, Eric Garcia et Phil Foden. Reste à savoir les critères de formation qu’utilise la Premier League, Eric Garcia ayant réalisé une grande partie de sa formation au FC Barcelone avant de rejoindre les Cityzens en 2017.  

« Les clubs anglais ne faisaient qu’acheter des joueurs sans se soucier de leur académie. Ainsi, ils se retrouvent avec trente ou quarante joueurs en U23 et en réserve qui n’ont jamais leur chance ».

Max Eberl, directeur sportif du Borussia M’Gladbach 

Sur le podium de ce classement figure notamment Arsenal avec 7 joueurs (Ainsley Maitland-Niles, Bukayo Saka, Emile Smith-Rowe, Hector Bellerin, Joe Willock, Eddie Nketiah et Reiss Nelson). Chelsea se retrouve à la deuxième place avec 10 joueurs formés au sein de son centre de formation (Reece James, Mount, Abraham, Hudson-Odoi, Fikayo Tomori, Andreas Christensen, Billy Gilmour, Armando Broja, Faustino Anjorin et Tariq Lamptey) mais se retrouve devancé de peu par l’indétrônable Manchester United, détenteur du record de nombre de matchs avec au moins un joueur formé au club dans le groupe, avec une série toujours en cours de plus de 4000 matchs. Lors de la saison 2019/2020, les Reds Devils ont ainsi utilisé pas moins de 11 joueurs issus de leur académie (Scott McTominay, Marcus Rashford, Andreas Pereira, Paul Pogba, Jesse Lingard, Axel Tuanzebe, Mason Greenwood, Brandon Williams, Tahith Chong, Angel Gomes et James Garner). En Bundesliga cette saison, 4 clubs possèdent au moins dix joueurs formés au club (Schalke, Mayence, Werder Brême et Cologne), et l’Union Berlin fait office de mauvais élève avec seulement deux joueurs issus de son centre de formation.  

A LIRE : Manchester United, un centre de formation à la hauteur ?

Cette différence de mentalité entre l’Angleterre et l’Allemagne ne s’arrête pas au nombre de joueurs formés au club, mais également au temps de jeu accordé aux joueurs âgés de moins de 20 ans. Cette saison, 19 joueurs de moins de 20 ans ont fait leur début en Premier League. Sur ces dix-neuf joueurs, seul cinq d’entre eux ont joué plus de dix matchs, et neuf d’entre eux n’a pris part à une seule rencontre. A titre de comparaison, ce chiffre monte à 33 joueurs en Bundesliga, dont 12 d’entre eux ayant joué plus de dix rencontres.  

Jadon Sancho et Jude Bellingham mènent la révolte au Borussia Dortmund (Crédit photo : Bundesliga.com)

Pourquoi faire à nouveau confiance aux centres de formations ?

L’officialisation du Brexit et la propagation de la pandémie mondiale de COVID-19 a durement touché les comptes des clubs de Premier League. Lors du mercato estival 2020, la dépense totale des clubs de l’élite anglaise a observé une chute de 400 millions de livres par rapport au mercato estival 2019, passant de 1.5 milliard à 1.1 milliard de livres. Une chute historique depuis l’explosion des droits TV. La raison principale est incontestablement la baisse des revenus, notamment en raison de l’absence de supporters dans les stades, alors que les recettes de billetterie représenteraient 36% du chiffre d’affaires des clubs de Premier League. Un manque à gagner important, qui pourrait ainsi persuader certains dirigeants de se concentrer sur leur centre de formation.  

“À l’heure actuelle, l’Angleterre se classe parmi les principaux pays au monde à produire des jeunes talents dans le football. D’un autre côté, beaucoup d’équipes de Premier League ont de grandes équipes avec des joueurs de classe mondiale ou au moins très expérimentés. Cela rend la tâche encore plus difficile pour les jeunes talents. Ils ont besoin de temps de jeu et ils l’obtiennent maintenant dans des ligues hors de l’Angleterre comme la Bundesliga.” 

Domenico Tedesco, ex entraîneur de Schalke

Depuis l’annonce du Brexit et la crise de la COVID-19, certains dirigeants de clubs de Premier League ont tenté de reposer davantage sur leur centre de formation, mais ont pour cela demandés l’intégration des équipes B, afin d’offrir aux jeunes joueurs des matchs compétitifs, comme c’est déjà le cas en Allemagne (la réserve du Bayern Munich évoluant en 3e division) ou en Espagne, où la Masia et la Castilla furent un temps en seconde division.  

Une demande propulsée par Ferran Soriano, ancien directeur général de Manchester City, lors de la conférence internationale du sport de Dubaï portant sur l’impact économique des clubs de football : “La seule chose qu’ils font très bien en Europe, mais pas si bien en Angleterre sont les équipes B, où vous pouvez avoir de jeunes joueurs jouant pour les clubs avant qu’ils soient prêts pour l’équipe première. Emmener de jeunes joueurs dans le groupe professionnel a des avantages en ce sens uniquement si vous avez une méthode cohérente de jouer au football. Ils savent déjà comment jouer ce style si ce sont des joueurs locaux. C’est quelque chose que Barcelone fait très bien. La contrainte majeure du développement des jeunes joueurs en Angleterre est le fait que les équipes B ne sont pas autorisées. Nous avons un écart de développement. Des garçons qui ont 17 ou 18 ans ne trouvent pas le bon endroit pour se développer et sont enrôlés par les équipes allemandes, qui essaient de nous les revendre pour un prix dix fois plus élevé. C’est fou, non ? C’est quelque chose que nous devions résoudre et peut-être que la crise nous en donnera l’occasion et nous poussera à nous réunir et à résoudre ces problèmes.” 

A LIRE : La formation dans les pays d’ex-Yougoslavie.

Une demande qui a fait polémique en Angleterre, montrant ainsi que la mentalité n’est pas près de changer. Alors que la Fédération Anglaise a autorisé depuis 2016 la participation de 16 centres de formation lors du Leasing.com Trophy (Compétition rassemblant initialement les clubs de 3e et 4e division), les supporters ont décidé de lancer le #BteamBoycott, visant à boycotter les rencontres face aux équipes réserves de clubs de Premier League. Un mouvement qui a fait chuter l’affluence moyenne pour ces rencontres, passant de 1870 spectateurs par match à environ 500 spectateurs contre les équipes réserves. L’annonce d’une volonté d’incorporer des équipes B aux différents championnats nationaux a ainsi ravivé la flamme sur les réseaux sociaux.  

Le boycott des matchs de Leasing.com Trophy à Portsmouth (contre la réserve de Reading), Swindon (malgré un derby contre Oxford), Stevenage (contre la réserve de Brighton) et Hartlepool (contre la réserve de Sunderland)

Toutefois, comme on peut le voir en Allemagne et en Espagne, l’incorporation d’équipes B pourrait être bénéfique au développement des jeunes joueurs en Angleterre, notamment dans le but de jouer des matchs à enjeu et découvrir la philosophie de l’équipe première. A l’image de l’Allemagne au début des années 2000, l’Angleterre se doit de réformer son système footballistique, et cette période de COVID-19 et de récente sortie de l’Union Européenne démontre que reposer sur le centre de formation est la meilleure des solutions possibles. 

Chelsea, (futur) modèle en la matière ?

Une solution que les clubs ont malheureusement trop souvent tendances à utiliser à défaut de mieux, comme ce fut le cas de Chelsea. Interdit de recrutement lors de l’été 2019, les Blues ont misé sur de nombreux jeunes issus de leur centre de formation tout au long de la saison, à l’image de Callum Hudson-Odoi, Mason Mount, Reece James, Fikayo Tomori, Ruben Loftus-Cheek, Billy Gilmour ou encore Tammy Abraham, qui ont tous dépassé les attentes placées en eux, parvenant même à qualifier Chelsea en Ligue des Champions. Frank Lampard a ainsi su donner un nouveau souffle à cette équipe malgré le départ d’Eden Hazard, qui n’a pu être remplacé.  

Alors que ces joueurs n’avaient aucune expérience en Premier League, ils ont su prouver leur valeur et démontrer qu’ils méritaient leur chance. Fortement courtisé par le Bayern Munich, Callum Hudson-Odoi aurait pu rallonger la liste des jeunes talents partis s’exiler en Bundesliga, mais a préféré faire confiance à son club pour obtenir de nouveau un temps de jeu conséquent lors de la saison à venir malgré la levée de l’interdiction de recrutement. Un choix payant pour l’international anglais espoir et ses coéquipiers, qui ont tous obtenu un temps de jeu conséquent cette saison malgré les 250 millions d’euros déboursés l’été dernier et l’arrivée de Thomas Tuchel en cours de saison.  

Reece James, Callum Hudson-Odoi, Mason Mount et Tammy Abraham, la nouvelle génération de Chelsea ? (Crédit Photo : Teamtalk.com)

Les Blues, qualifiés en finale de la Ligue des Champions, ont ainsi l’occasion de démontrer qu’il est possible d’obtenir des bons résultats avec une équipe relativement jeune. La force de ce grand nombre de joueurs formés au club est avant tout son unité et son attachement pour les valeurs du club. Un aspect qui a malheureusement trop tendance à se perdre à l’heure du football business. 

Ainsi, le football de l’instantanéité et l’attente de succès immédiat rend le développement de la formation en Angleterre relativement compliquée. Le modèle allemand reste la référence en la matière, et les clubs de Premier League feraient bien de s’en inspirer, alors que les restrictions liées aux Brexit pénalisent sans aucun doute les membres du Big 6. Si Chelsea, Manchester United et Arsenal semblent plus enclins à offrir du temps de jeu aux jeunes du centre de formation, d’autres clubs tels que Manchester City, Liverpool ou encore Tottenham parviennent moins à compter sur leurs académies, regorgeant pourtant de nombreux talents, en témoigne les titres de Champion du Monde U17 et U20 ainsi que le titre de Champion d’Europe U19 acquis par les Young Three Lions au cours des dernières années.  

A l’image de ce que peut vivre le PSG avec ses Titis Parisiens, les clubs de Premier League pourraient continuer de se faire dépouiller et perdre des nouveaux Jadon Sancho dans les années à venir si rien n’est fait. La proposition de Ferran Soriano concernant l’intégration d’équipe B ne semble ni viable, ni envisageable étant donné l’importance de la tradition et des clubs historiques en Angleterre. Reste à savoir désormais si la crise financière que traversent les clubs raisonnera certains patrons, ou si l’appel de l’argent et d’un nouveau panic buy sera trop forte pour résister…  

Positionnement des joueurs évoluant pour leur club formateur, parmi les 20 clubs de Premier League. Ces joueurs savent se rendre disponible et trouver transpercer les lignes adverses, ils sont ceux qui font le plus avancer le jeu. Dans le quart supérieur droit sont les joueurs qui à la fois reçoivent et donnent plus de passes progressives que le moyenne des joueurs. Le nuage regroupe les milieux de terrains ayant joués au moins 2000 minutes cette saison. Statistiques Fbref.

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