Ronaldinho, un joueur au-delà des limites.

«Si vous allez dans une favela, vous allez voir une femme – il n’y a aucun homme dans la maison – qui prend soin de ses cinq ou six garçons. Le plus malin de ces garçons, celui qui peut échapper à la police si nécessaire, celui qui peut se battre, est aussi un bon joueur de foot. Il sait dribbler les difficultés de la vie. Il peut fournir de la nourriture à sa mère. Il y a une connexion profonde entre le fait de tromper des défenseurs sur un terrain ou d’être un malin dans la vie réelle. Ce garçon, c’est un Malandro. » pour le professeur Muniz Sodre. 

Le Brésil, terre de football.

Pour tous les amoureux du football, si un classement des styles de jeu devait être fait, il y a de très grandes chances que ce soit le style brésilien qui arrive en tête. Car tout simplement, cette manière de jouer donne le sourire, il fait briller les yeux. Il est ce pourquoi on aime le football. Composé de dribbles, de rapidité et d’explosivité, ce jeu-là fait fantasmer mais surtout, il permet aux joueurs les plus techniques de pleinement s’exprimer. Et quand on parle de style brésilien et de joueur technique, comment ne pas parler de la « ginga ». Inspiré des mouvements de la Capoeira, ce style de jeu n’a pas réellement de définition. On peut seulement dire que quand un joueur se met à jouer avec la « ginga », il se met à danser avec le ballon, à mettre toutes les parties de son corps au service de ce sport mais surtout, qu’il est élégant. Pelé ou encore Garrincha en étaient les parfaits exemples. Apprendre à battre son adversaire par la ruse ou la malice plutôt que par la force brute. Ce n’est pas seulement un style de jeu mais bel et bien le reflet d’une manière de vivre. 

Aujourd’hui, mis à part Neymar, rares sont les joueurs qui correspondent pleinement à cette description. Pour retrouver la trace du dernier grand « malandro », il faut s’intéresser aux années 2000 et à un joueur surnommé Ronaldinho. Formé au club du Grêmio, Ronnie apprend réellement à jouer au football non pas sur un terrain mais sur un parquet et dès le début, il fait parler de lui. Déjà au-dessus techniquement, le petit Ronaldo s’amuse contre les équipes adverses et notamment en finale du championnat régional. Pris en vidéo à ce moment-là, on voit le jeune Ronnie enchaîner deux coups du sombrero consécutifs sur deux adversaires avant de crucifier le gardien d’une frappe croisée. « Dribbler les difficultés de la vie ». C’est ce que s’apprête à faire Ronnie dès l’âge de 8 ans quand il perd son père dans un accident domestique, c’est alors son frère Roberto, grand espoir du Grêmio qui prend soin de lui. Au fil des années, Ronaldinho grandit aussi bien par la taille que par le talent. À son arrivée dans le groupe professionnel, le jeune brésilien du haut de ses 17 ans impressionne déjà tous ses coéquipiers. 

« Avant l’entraînement, il s’amusait avec le ballon. Tout le monde s’asseyait et on le regardait. C’était phénoménal ! » nous décrit son ancien coéquipier Danrlei. 

Un artiste, voilà comment on peut décrire Ronaldinho lorsqu’il a un ballon entre les mains. Un artiste qui ne laisse personne indifférent que ce soit à l’entraînement ou en match. Un artiste qui joue, dribble aux sons des chants des supporters et qui danse après chacun de ses buts comme le ferait un enfant. Car quand Ronnie se retrouve sur un terrain, il s’amuse comme le ferait un gamin. Pour maîtriser un ballon haut il jongle avec, pour passer un adversaire il réalise des gestes techniques qui ne peuvent être décrit par aucun mot. Et pour contrôler un ballon, il le colle au pied, sur sa poitrine, sa tête ou bien ses épaules. Quand Ronaldinho joue, le cuir est aimanté par son corps. Comme si finalement, le ballon venait de trouver son maître. En somme, l’élégance à la brésilienne. 

À la conquête de l’Europe.

Partout où il passe ses dribbles s’exportent et conquièrent le cœur des supporters mais également de ses coéquipiers et surtout de son coach qui au PSG était Luis Fernandez. 
« C’était exceptionnel. Quand tu le vois aux entraînements, quand tu le vois réaliser des exercices, quand tu le vois dans ses prises de balle, dans ses accélérations. Ça te marque. Ronnie te marque. Ronnie nous a marqué. »
À Paris, Ronaldinho rayonne. Comme le ferait une étoile qui vient de naître, il attire les regards de tout le monde et les fait rêver. Il les rend heureux. Grâce à son élégance, le fantasque brésilien aura posé bons nombres de problèmes dans les clubs de l’Hexagone. 
Après deux années en France, l’auriverde débarque dans la capitale catalane. Fort de son expérience de la Ligue 1, championnat assez rude avec beaucoup de contacts, la Liga et ses espaces semblent être parfait pour le jeu de Ronnie.
Et une fois de plus, sans aucune difficulté, le nouveau numéro 10 catalan impressionne. Son ancien coéquipier Javier Saviola peut en témoigner. 

« On a été marqué de voir tout ce qu’il pouvait faire avec un ballon. Comme au cirque, c’était hallucinant ! Comme un enfant qui va à Disneyland, on allait à l’entraînement tous les jours pour voir quelque chose d’unique. »

Ronaldinho et son jeu rassemblent les personnes et qu’importe la génération. Qui n’a jamais regardé sur internet des compilations de gestes techniques faits par le brésilien. Et qui n’a jamais essayé de les reproduire, bien souvent sans succès. Et que dire de sa spécialité, le célèbre double contact ou plutôt virgule qui a arraché bons nombres de reins. Il est le joueur préféré d’une génération entière et dont aujourd’hui, beaucoup essayent de s’inspirer ne serait-ce qu’un peu. Sterling, Lacazette, El-Sharaawy, Pogba ou Douglas Costa pour ne citer qu’eux. 

Si l’on cherche une des définitions de l’élégance, on peut tomber sur la suivante : Qualité de ce qui est exprimé avec justesse et agrément, avec une netteté sobre, sans lourdeur. Ronaldinho faisait partie de ces joueurs qui vivaient le football comme un jeu à prendre avec le sourire. Doté d’une technique bien au-dessus de la moyenne, le joueur brésilien était juste dans tout ce qu’il pouvait faire sur un terrain. Ses passes, qu’elles soient de 40m ou même délivrées à l’aveugle étaient nettes. Et que dire de sa rapidité que ce soit d’exécution ou bien de sa pointe de vitesse. Ronaldinho était l’élégance. Ronaldinho était le football.

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