Davy Klaassen, premier produit de la nouvelle génération dorée de l’Ajax.

Difficile de parler de ce joueur si discret et peu orthodoxe. Mais en novembre 2020, ce natif de la banlieue d’Utrecht est revenu aux affaires en sélection. Personnellement, j’ai découvert l’étendue de son talent à son arrivée au Werder en juillet 2018. Auparavant, ce n’était qu’un nom sorti de la grande académie de l’Ajax Amsterdam qui n’avait pas su convaincre en Angleterre.
À Brême, il a mis tout le monde d’accord. Après deux saisons, il a décidé de montrer de nouveau sa palette technique dans son club formateur, pour le plus grand bonheur des adeptes de football néerlandais et européen. Je vous présente aujourd’hui le joueur dont la grâce technique m’a impressionné, un milieu de terrain polyvalent : Davy Klaassen.

Un début de carrière prometteur avant un échec cuisant.

Le joueur dont nous parlons n’est pas ce joueur technique offensif qui passe inaperçu dans les statistiques et dans les médias. Davy Klaassen est né à Hilversum, non loin d’Utrecht, le 21 février 1993. Il grandit en regardant jouer Patrick Kluivert et Dennis Bergkamp, l’homme qui a réussi outre-Manche, sous le maillot orange. Un maillot bien trop large pour la sélection néerlandaise, qui atteint les demi-finales de la Coupe du Monde 1998. C’est d’ailleurs un an plus tard qu’il signe une licence pour le club de sa ville, le HVV de Zebra’s. Mais son club de coeur est l’Ajax Amsterdam. Les plus grands descendants du grand guerrier troyen ont remporté la quatrième et dernière Ligue des Champions en 1995 avant d’être finaliste en 1996. C’est en regardant les frères De Boer, Edwin Van Der Sar et surtout la paire Edgar Davids et Jari Litmanen que le jeune Davy grandit. En 2003, il s’engage dans l’autre club de sa ville, le HSV Wasmeer. Il n’y reste qu’un an, repéré rapidement par la cellule de recrutement jeunes de l’Ajax. Il fait ses gammes dans les équipes de jeunes de 2004 à 2012. Ces années furent celles de la grande formation du milieu qu’il est devenu. Il fait ses gammes dans toutes les équipes jeunes de la sélection néerlandaise : U16, U17, U19 et U21.
Personne ne doute du joueur, qui connaît ses premiers pas dans le monde professionnel sur un coup du sort. Dans le groupe de l’Ajax Amsterdam pour affronter l’Olympique Lyonnais en phase de poules de la Ligue des Champions, il rentre en cours de match en remplaçant l’argentin Lorenzo Ebecilio le 22 novembre 2011. L’Europe découvre ce bambin qui débute le 27 novembre 2011 en Eredivisie face au N.E.C. Breda. Sa carrière est lancée. En tout, Davy Klaassen va jouer plus de 181 matchs sous le maillot rouge et blanc. Montrant une qualité technique et une endurance phénoménale, il s’inscrit dans la lignée des grands milieux de terrain qu’a connu le club néerlandais.

Fort à la récupération, il relance son équipe et joue énormément vers l’avant. Auteur de 44 buts pour l’Ajax en six saisons, le milieu offensif fait ses débuts avec le numéro 38 puis le numéro 18. Il inscrit son premier but en Ligue des Champions contre le PSG le 25 novembre 2014 au Parc des Princes (défaite 3-1) de la tête. Le registre aérien reste aussi l’une de ses grandes qualités. Face au but, Davy Klaassen fait preuve d’un sang-froid rare pour un milieu. Renard des surfaces et spécialiste des reprises de volée, il surprend ses adversaires par une rapidité d’adaptation aux situations et à une qualité technique qui lui permet de sortir de beaucoup de situations. Marquant de nombreuses fois sur pénalty, il a inscrit son plus beau but pour l’Ajax face au PSV Eindhoven d’une frappe à 25 mètres en pleine lucarne. Impressionnant, il devient rapidement le maître à jouer de l’Ajax et prend le numéro 10. Bref, un joueur complet et très élégant. Non retenu pour la belle campagne néerlandaise à la Coupe du monde au Brésil, il débute juste avant lors d’un match amical face à la France en mars 2013. Il est sélectionné 14 fois lors de ses premières années à l’Ajax, pour 4 buts.
Tout se gâte pour lui lorsqu’il est transféré à Everton à l’été 2017 pour deux raisons : un manque de temps de jeu criant et une calvitie qui apparaît. En Angleterre, il n’arrive pas à crever l’écran et à faire de son aventure au Goodison Park un véritable tremplin. A 24 ans, il réalise 19 petites rencontres avec le club de Liverpool pour aucun but inscrit. Ce passage à vide se ressent aussi en sélection, où il n’est sélectionné qu’en octobre 2017 pour deux matchs. Il cherche alors une autre échappatoire où sa qualité technique et son endurance peuvent se manifester d’une meilleure manière qu’en Premier League. Il touche terre sur les bords de la Weser, le 28 juillet 2018. L’enjeu est beau : se redonner de l’air et prouver ses talents.

La résurrection d’un leader à Brême.

Son arrivée à Brême est très bien accueillie par les supporters des Werderaner, qui placent en lui de grands espoirs. Il doit remplacer les départs de Thomas Delaney et Zlatko Junuzovic et former une paire avec Maximilian Eggestein, un jeune formé au club et tout aussi prometteur que lui durant ses années à l’Ajax. Davy Klaassen confirme rapidement les espoirs placés en lui. Il régule un milieu de terrain de haute qualité technique avec également Nuri Sahin, quand il n’est pas blessé, et un Max Kruse placé en meneur de jeu. C’est une saison 2018-2019 de haute volée pour le Werder, qui accroche la huitième place à seulement un point d’une place en Coupe d’Europe. Pour Davy, le football est bien mieux : une justesse technique incroyable et un contrôle orienté de grande volée. C’est sa spéciale : Le contrôle s’appuie sur le joueur au pressing, Davy place son pied d’appui en avant du joueur adverse et utilise donc toute la surface de son corps pour protéger son contrôle. Obligé de faire faute ou de se jeter, le défenseur adverse est éliminé tandis que Davy lance une contre-attaque. C’est sûrement ce qui m’a le plus marqué avec ce but en huitième de finale de Coupe d’Allemagne contre Schalke 04. Une balle en piqué dans la surface, le regard du buteur et l’extérieur qu’il faut pour qualifier le Werder en quart. Une performance face à Dortmund au Signal Iduna Park m’a aussi fait dire que ce Néerlandais n’était pas un joueur commun : un sauvetage sur la ligne incroyable et une passe décisive exceptionnelle pour Milot Rashica. Cette saison est celle du renouveau. Cette première saison dans un collectif bien rôdé autour de Max Kruse, leader d’équipe, permet à Davy Klaassen de retrouver du temps de jeu (38 matchs joués toutes compétitions confondues, dont 33 de Bundesliga) et la confiance devant le but (7 buts inscrits).

La seconde saison est entachée par des blessures en cascade au Werder : le recrutement de Niclas Füllkrug pour pallier le départ de Max Kruse est bien pensé, mais le buteur venu d’Hannover se blesse aux ligaments croisés en septembre. Le Werder connaît une saison galère, pointant dans le bas du classement dès le mois de novembre. La faute au staff médical pour la direction, la faute à une idéologie de jeu qui ne correspond pas à son effectif pour Florian Kohfeldt, la faute à une direction perdue selon les supporters. Bref, une saison fantôme. 31 petits points propulsent le Werder en barrages face à Heidenheim, et un maintien final dans la douleur. Si je résume notre saison, c’est aussi pour définir la performance XXL de Davy Klaassen. Il a joué 30 matchs de Bundesliga et inscrit 6 buts : c’est l’un des joueurs les plus efficaces du Werder avec Rashica et Osako. En fin de saison, le Werder accroche de manière inespérée cette seizième place grâce à une prestation de prestige de Davy Klaassen à Paderborn avec un doublé magnifique. Une tête canon dans la lucarne et une reprise de volée concluant une combinaison sur coup-franc permettent de mettre ses coéquipiers sur les bons rails. Face à Köln, il marque de nouveau. Sa technique et son endurance ont permis à l’effectif de souffler dans les moments difficiles et il s’est imposé comme un cadre indispensable. Il a été le joueur de Bundesliga qui a le plus couru durant cette saison sous pression. Loin d’être un hasard.

Si j’ai voulu rédiger cet article sur Davy Klaassen, c’est pour vous faire part de mon admiration pour le joueur qu’on ne voit pas. D’abord Max Kruse puis Milot Rashica, il n’est jamais apparu comme le leader technique du Werder ces dernières saisons. Pourtant sa constance et son calme en ont fait le joueur le plus gracieux de l’effectif. J’adorais voir ses changements de côté, sa vision de jeu sans faille et ce toucher si délicat digne des grands joueurs de la sélection néerlandaise. Quand j’ai entendu parler de Frenkie de Jong et Donny van de Beek, j’ai souvent entendu que l’Ajax n’avait pas formé meilleur joueur depuis Wesley Sneijder. Pour moi, malgré une saison ratée à Everton qui a sacrifié une carrière renommée, Davy Klaassen s’inscrit dans cette grande reconstruction de l’Ajax Amsterdam et il est, sans aucun doute, le précurseur de cette génération dorée qui fait surface aujourd’hui. Même si son retour à Amsterdam m’a fait mal au cœur, il revient en tant que leader et joueur respecté.

Il a d’ailleurs retrouvé la sélection néerlandaise, qu’il n’avait plus connue depuis 2017. Je suis heureux d’avoir pu voir un tel joueur évoluer sous cette belle couleur verte. Paix et amour sur cet homme qui, à l’instar de Zinédine Zidane, porte si bien la calvitie. (Cette dernière comparaison est limite mais on voulait la mettre, paix sur Zizou).

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