La bombe FC Barcelone

Un football total, voilà la signature du FC Barcelone. Inventé par Rinus Michels et sublimé par Cruyff ou encore Guardiola, les blaugranas nous ont offert quelques-unes des plus belles phases de jeu du XXIe siècle. Cette réussite, le club espagnol la doit également à une direction performante qui a su s’appuyer sur le célèbre centre de formation de la « Masia » mais également faire appel à des entraîneurs qui partagent leur ADN avec celui du Barça. Porté par leur public, Barcelone a remporté pas moins de 13 trophées dont 1 ligue des champions sur les 5 dernières années. À croire que tout va bien dans la maison barcelonaise…

Une première mèche allumée.

Le 13 janvier 2020 sonne comme un jour de résurrection pour tous les supporters du Barça. Après 2 années passées chez les blaugranas, Ernesto Valverde est licencié 4 jours après sa défaite en demi-finale de Supercoupe d’Espagne face à l’Atletico. Critiqué depuis de nombreux mois à cause d’un jeu jugé trop ennuyeux, reposant sans cesse sur d’éventuels exploits de Messi, la tête du tacticien espagnol était réclamée depuis déjà bien longtemps par les supporters du club. Ce licenciement sonnait d’ores et déjà comme une crise car le Barça n’a pas pour habitude de licencier ses entraîneurs. Pour retrouver la trace du dernier coach à avoir pris la porte, il faut remonter jusqu’en 2003 avec un certain Louis Van Gaal. La bombe barcelonaise vient de s’enclencher. 

Se pose alors la question de la succession. De grands noms sont évoqués comme l’ancien barcelonais Ronald Koeman, l’argentin Mauricio Pochettino est également cité mais c’est un troisième nom qui retient toute l’attention des supporters : Xavi. Si le hollandais Koeman a refusé l’offre pour des raisons sportives, Xavi a quant à lui refusé après avoir négocié certains aspects de sa venue sur le banc du Barça. Désireux de faire partie de l’aventure dans un premier temps, l’ancien international voulait, en plus de venir avec son propre staff, avoir la main mise sur la formation des jeunes mais également sur le recrutement. Jugée intolérable, c’est bien cette condition que le président barcelonais aurait refusée et qui aurait provoqué l’arrêt des négociations de la part de Xavi. Alors que Barcelone est toujours à la recherche de son nouveau tacticien, c’est un autre barcelonais qui va faire parler de lui mais pas de la même manière. 

D’habitude très discret dans ses paroles que ce soit sur ou en dehors du terrain, Iniesta a clairement affiché son désaccord sur la manière dont la direction barcelonaise a géré le licenciement de Valverde : « Ce que fait Barcelone est un peu moche, ils devraient faire preuve de respect pour leur entraîneur. La manière de faire est ce qui choque le plus. » Il faut dire que ce dossier n’a pas été traité dans les règles de l’art avec un coach pas vraiment averti et un président presque pris au dépourvu multipliant les coups de fils afin de trouver un successeur. 

C’est donc au milieu de tout ce bruit que Quique Setien, ancien entraîneur du Bétis Séville, débarque dans le club catalan le 14 janvier.

Moins d’un mois après la prise de fonction de Setien et les propos d’Iniesta, c’est au tour du directeur sportif des blaugranas, notre petit frenchie Éric Abidal de faire sa sortie dans les médias. Et quelle sortie, l’ancien lyonnais n’hésite pas à déclarer que selon lui « beaucoup de joueurs n’étaient pas satisfaits et ne travaillaient pas beaucoup » quand Valverde était alors en place. La réponse ne se fait pas attendre et qui de mieux que le capitaine barcelonais pour prendre la défense de ses coéquipiers. C’est sur instagram que Messi s’empresse de déclarer : « Je crois que chacun doit assumer ses responsabilités et ses décisions. […] Les responsables de la direction sportive doivent aussi assumer leurs responsabilités et, surtout, les décisions qu’ils prennent. » Un avis qui sera aussitôt partagé et appuyé par les coéquipiers de la Pulga, notamment par Jordi Alba et Luis Suarez. Des divisions apparaissent ouvertement entre les joueurs et les dirigeants, plaçant Barcelone dans une nouvelle crise. Des réunions sont organisées et le licenciement d’Abidal est même évoqué. Finalement, il n’en sera rien. 

Le « Barçagate ». 

Décidément, cette saison 2019-2020 devient très longue pour les barcelonais. Alors que le club est au coude à coude avec le Real Madrid pour la 1ère place de la Liga, une nouvelle bombe explose dans les hautes-instances du club et notamment dans le bureau du président Bartomeu. 

Seulement 11 jours après les propos polémiques d’Abidal, la radio espagnol « Cadena Ser » dévoile un dossier qui, lui, ne sera pas sans conséquence. Plongé depuis des mois dans des crises successives, le président Josep Bartomeu a fait appel à une société de communication afin de redorer l’image du club sur les réseaux sociaux mais surtout la sienne , au vu des prochaines élections de 2021. Seulement un problème se pose, de faux-comptes auraient également été créés dans le but de discréditer ses opposants. Parmi les personnes visées, on retrouve des légendes du club tels que Messi, Xavi, Guardiola ou encore Victor Fonte, son principal rival pour les futures élections. En plus des méthodes très discutables qu’auraient utilisé le président barcelonais, le financement de cette campagne soulève également plusieurs interrogations. Pour des opérations similaires, les prix oscillent entre 120 et 150 000 euros en Espagne. Cependant, ce n’est pas moins de 1 000 000 euros que le club catalan aurait déboursé pour payer la société « l3 Ventures » basée en Uruguay, pays où l’opacité bancaire règne. Une somme à priori 6 fois et demie plus importante que le club aurait payé en 5 versements de 198 000 euros, au-delà de 200 000 euros, les versements auraient dû passer devant une commission de contrôle.

Face à cette bombe qui secoue entièrement le FC Barcelone, le président Bartomeu décide de botter en touche, un contrat a certes été passé mais il dément l’existence de ces manœuvres douteuses. 

L’affaire du « Barçagate » est la crise de trop pour les supporters. Les « socios » veulent que Bartomeu démissionne et ils ne se cachent pas pour le faire savoir en agitant des milliers de mouchoirs blancs avant le match contre Eibar. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas uniquement dans les tribunes que le président est désavoué. Au sein de la direction catalane la fracture est également présente. Après quasiment 2 mois de divergences et de profondes oppositions, 6 hauts dirigeants présentent officiellement leur démission, lassés et dégoutés par le « Barçagate ». Parmi eux, on peut retrouver notamment le trésorier du club, le directeur commercial ainsi que 2 vice-présidents dont Emili Rousaud. Désormais libre de parole, c’est maintenant au tour de Rousaud de craquer une allumette dans la véritable poudrière qu’est le Barça. Interviewé par la radio espagnol Rac1, l’ancien vice-président déclare au sujet du Barçagate que si le club a payé 1 000 000 d’euros, c’est que quelqu’un a piqué dans la caisse. La réaction du FC Barcelone ne se fait pas attendre et contre-attaque avec un communiqué publié dans la foulée : « Le FC Barcelone nie catégoriquement toute action qui pourrait être qualifiée de corruption, et se réserve donc le droit d’engager les actions judiciaires appropriées ». Emili Rousaud regrettera pas la suite avoir utilisé ces mots. 

Et ce n’est pas fini…

À croire que le FC Barcelone entretien une relation passionnelle avec le mot crise cette saison.  

C’est une vidéo qui va créer la polémique autour de Quique Setien cette fois-ci. On peut voir sur cette fameuse vidéo, Lionel Messi ignorer totalement les consignes et le discours que lui tient l’entraîneur adjoint Eder Sarabia lors du match du 27 juin contre le Celta Vigo. Ce moment, à l’apparence anodine semble traduire une fracture entre le coach et le groupe, une de plus. Une fracture qui relance le débat du choix de l’entraîneur qui serait encore une fois un mauvais casting de la part de Bartomeu, un de plus. Face à la situation, une énième réunion de crise a été organisée chez Setien en présence de plusieurs dirigeants barcelonais. Selon le journal « Sport », les dirigeants auraient au cours de cette réunion apporté tout leur soutien à l’entraîneur. D’autres médias estiment que la décision de se séparer de Setien à la fin de l’année est déjà acté. 

Quoi qu’il en soit, si Barcelone comptait 2 points d’avances sur son rival du Real Madrid jusqu’à la 29e journée de Liga, le constat est aujourd’hui tout autre. Les crises, la venue d’un nouvel entraîneur et les nombreuses dissensions au sein du club semblent avoir eu raison du Barça. La défaite face à Osasuna au Camp Nou vient mettre un point final aux ambitions des catalans en Liga et ainsi voir le Real Madrid remporter son 34e Championnat d’Espagne.

Ainsi le FC Barcelone n’est décidément pas un club comme les autres. Le club catalan enchaîne les crises depuis le départ de Valverde comme il a l’habitude d’enchaîner les victoires. Le licenciement de l’entraîneur espagnol à la mi-janvier semble avoir mis le feu à plusieurs barils de poudre qui explosent les uns après les autres. Le club catalan est ainsi devenu une bombe à retardement avec comme protocole de désamorçage, les futures élections pour la présidence du club en 2021, si le club n’a pas explosé d’ici là.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.