« We’ve got Payet, Dimitri Payet »

 

Marcher sur l’eau. Voici comment l’on pourrait résumer l’unique saison pleine de Dimitri Payet du côté de West Ham. Cette unique saison a pourtant suffit à conquérir l’ensemble des supporters Hammers, durant laquelle le club londonien a réalisé l’une de ses meilleures saisons depuis bien longtemps. Retour sur cette saison ovni de l’actuel maître à jouer et numéro 10 réunionnais de l’Olympique de Marseille, Dimitri Payet.

15 mai 2016. La saison 2015-2016 de Premier League ferme le rideau et fait rentrer dans l’histoire le foudroyant Leicester de Claudio Ranieri. Outre l’inattendu champion, à noter les contre-performances de Liverpool et de Chelsea, respectivement classés 8ème et 10ème. Une autre surprise est elle venue de Londres, du côté du club déménageant du Boleyn Ground pour le London Stadium. West Ham, classé 7ème et qualifié pour les tours préliminaires de la Ligue Europa, la bande à Slaven Bilic ramène sur le devant de la scène un club endormi bien trop longtemps… 

Un des plus grands artisans de cette réussite est français, et porte cette année là le numéro 27. Dimitri Payet termine sa première campagne anglaise avec la bagatelle de neuf buts et douze passes décisives. Cela lui vaudra l’honneur d’être élu meilleur joueur de la saison par les supporters de West Ham, membre de l’équipe type de la saison de Premier League, ainsi qu’une inattendue 17ème place au Ballon d’Or France Football, le tout sans avoir joué la moindre compétition européenne.

Transféré au début de la saison depuis l’Olympique de Marseille pour 15 millions d’euros, et marqué par une récente cohabitation avec “El Loco” Marcelo Bielsa qui l’aura profondément transformé, le réunionnais va illuminer les stades anglais durant toute une année. Au delà de ses excellentes statistiques pour une première saison outre Manche, Dimitri Payet aura orchestré le jeu de son équipe. Placé sur le côté gauche dans le 4-2-3-1 instauré par Slaven Bilic, le meneur de jeu français va avoir un placement très libre sur le terrain, permettant les montées incessantes d’Aaron Cresswell dans le couloir gauche. Entouré par Manuel Lanzini, lui placé en poste de numéro 10 ou relayeur gauche dans un 4-3-3, les connexions techniques entre les deux joueurs vont pouvoir se créer facilement. Sur la pelouse, tout est organisé pour faire briller le maestro. « Si parfois on avait cette sensation qu’avec Lanzini tout fraîchement arrivé ils se marchaient sur les pieds, sa justesse technique était une aubaine pour les appels en profondeur d’Antonio ou ceux au second poteau de Carroll et les dédoublements de Cresswell et Jenkinson.
Quand un ballon était un peu trop délicat pour la technique limitée de Noble ou la relance moyenne de Ogbonna arrivait sale dans les pieds de Payet il le ressortait propre et sobre, ce n’est pas pour rien si lors de sa première saison West Ham a été un peu l’équipe surprise et s’est offert le scalp de plusieurs grosses écuries de Premier League. » 

payet

Une recette qui fonctionne parfaitement bien : les buts et les passes décisives s’enchaînent, faisant de Dimitri Payet le second meilleur passeur du championnat, derrière le Gunner Mesut Ozil et ses dix-neuf réalisations. Au delà le l’aspect statistique, c’est surtout le festival technique qui va impressionner. Crochets, roulettes, double-contacts, coups du foulards, la vie des défenseurs de Premier League va peu à peu se transformer en enfer quand ils se trouvaient en travers du chemin du numéro 27 hammer. L’impression de dribbler en slowmotion, avec un temps d’avance sur tout le monde, il va créer des différences individuelles tout en bonifiant le jeu de son équipe. Cela va donc se repercuter sur la belle saison des Hammers, classé 7ème à l’issue de la saison, à seulement 4 points de la 4ème place, synonyme de qualification pour la Ligue des Champions, obtenue par le Manchester City de Manuel Pellegrini.

Les deux moments les plus marquants de la saison du réunionnais sont probablement son coup franc à la trajectoire extérieure assez inexplicable face à Crystal Palace, rendant bouche bée Wayne Hennessey, ainsi que son but magistral face à Middlesbrough : partant du côté gauche, puis repiquant dans l’axe tout en éliminant une défense des Smoggies mystifiée, pour enfin crucifier Victor Valdès d’une frappe croisée imparable. Une réalisation qui laissera admiratifs les commentateurs anglais de la Sky, « magnificient ».

Reconstitution schématique de l’égalisation de Dimitri Payet face à Middlesbrough (1-1)


Découvrez notre article liant ferveur olympienne et la victoire du club en Ligue des Champions en 1993 !

Les supporters de West Ham ont bien rendu ces grands moments à Dimitri Payet, notamment avec une chanson à son effigie :  “We’ve got Payet, I just dont think you understand. He’s better than Zidane, we’ve got Payet”. « Ce n’est pas (ou du moins plus) l’habitude d’accueillir des joueurs de son niveau à Rush Green et c’est surement pour ca qu’il a été sans même jouer tout de suite adopté. Dès les premières prestations tout le monde a compris qu’il pouvait nous faire passer dans une autre dimension, dribbles efficaces et habiles des deux pieds pour trouver les espaces, coups de pieds arrêtés millimétrés créant des occasions de buts une fois sur deux, le supporter anglais est retombé dans ses travers et en a fait trop vite une star vénérée. » Héros de l’antre du London Stadium durant toute une saison, l’histoire d’amour va pourtant tourner court l’année suivante…

Après cette saison de très grande qualité pouvant lui ouvrir la porte vers de tops clubs européens, Dimitri Payet va finalement retourner sur la Cannebière marseillaise en janvier 2017, après un bras de fer avec son club londonien. Une transaction, qui, à juste titre, a grandement échauffé les supporters, qui se sont sentis trahis par un joueur qui devait faire passer un cap à leur club bien aimé: « Il aurait pu être l’homme d’une période, le joueur adulé de supporters connaisseurs loyaux, il est finalement parti avec cette amère sensation de couteau dans le dos. »

Un transfert, aussi motivé par une équipe de West Ham qui ne pouvait plus subvenir aux ambitions du numéro 10 : « Un mercato comprenant de (trop) nombreuses arrivées (Arbeloa, Tore, Feghouli, Fernandes, Fletcher, Calleri…) et départs (Moses, Tomkins, Jenkinson, …) est passé par là et tout semble s’être déréglé. Si Payet conservait son niveau en tenant l’équipe à lui seul, les joueurs autour de lui n’avaient ni le niveau ni le temps d’adaptation nécessaire pour franchir le palier entrevu légitimement la saison précédente.
Quand Payet marquait un magnifique but solitaire, Adrian faisait une boulette… Quand Payet délivrait une passe décisive en coup du foulard, Collins se trouait… Autant de désillusions qui font parfois rejaillir l’amertume d’un passé plus serein et glorieux du côté de Marseille.
Gageons que quand tout allait bien sportivement Payet faisait abstraction de beaucoup de choses et quand tout allait mal ce n’était plus si facile à faire… Comme dans un couple les premières difficultés sont les plus dures, comme dans un couple la relation marche sur la confiance, et quand l’un des deux aspire a renouer avec son passé l’autre en souffre et perd confiance, c’est exactement ce qu’il s’est passé dans la relation West Ham/Payet… »

 

Payet voulait lui, boucler une histoire olympienne qu’il jugeait pas encore terminée…un changement qui fût toutefois plutôt controversé au vu de son prix avoisinant les 30 millions d’euros, pour des performances alternant l’exceptionnel comme le fantomatique. Malgré cela, son retour peut être qualifié de réussi, avec notamment une campagne d’Europa League 2017-2018 de très haut niveau et une saison 2019-2020, tronquée par la pandémie de coronavirus, où il aura porté à lui seul de jeu offensif du deuxième Ligue 1. 

Cette année 2020 marque aussi l’anniversaire de ses 33 ans. On peut donc blâmer le temps pour nous rapprocher de sa fin de carrière, même s’il lui reste encore une à deux saisons au haut niveau. Le report de l’Euro va peut être nous priver de sa dernière compétition internationale, foutu virus…

Un grand merci au Community Manager du compte Twitter @westhamFR_off pour son précieux témoignage, dont toutes les citations sont issues !

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