L’homophobie dans le football

Récemment, les médias et le grand public ont grondé après des sorties médiatiques hasardeuses sur le délicat sujet qu’est l’homophobie dans le football. Tout d’abord, la présidente de la Ligue de Football Professionnel, Nathalie Boy de la Tour qualifiait maladroitement les chants homophobes comme faisant « partis du folklore ». La réaction de la ministre des Sports, Roxana Maracineanu a aussi provoqué un taulé, cette fois ci chez les amoureux du ballon rond. La ministre a en effet taxé la totalité des supporters « d’homophobes », sans demie mesure, occultant un mal bien plus présent : le racisme. Comble de l’ironie, cette dernière posait quelques jours après avec les dirigeants qataris, félicitant la présence d’entreprises françaises sur les travaux des stades qui accueilleront le Mondial 2022. Travaux qui ont déjà coûté la mort de milliers de personnes.

En 2017, SOS homophobie a recueilli 1650 témoignages d’actes homophobes sur le sol français, soit 4,8 % de plus qu’en 2016. Une hausse constatée en 2016 (+19,5 %), qui se confirme cette année.

Parmi ces témoignages, les agressions physiques signalées augmentent de 15 % par rapport à 2016. 1 témoignage sur 2 présentait des propos à caractère injurieux. Ces augmentations évoluent conjointement à la libération de la parole homophobe, ainsi que la volonté et l’émancipation des témoignages des victimes.

Dans certaines régions du monde, la situation est critique. Le 1er avril 2018, le journal russe Novaya Gazeta révélait que des hommes perçus comme étant homosexuels étaient enlevés, torturés ou même tués dans la province de Tchétchénie. Le 26 août 2018, le pape François Ier proposait aux familles d’enfants à « tendance homosexuelle » de « recourir à la psychiatrie », liant ainsi homosexualité et problèmes mentaux…

Dimanche 13 janvier 2019, 14h27. Un derby de 4ème division de district (12ème division de football en France) se déroule sur une pelouse. Ou un champ de patate, c’est assez difficile de faire la différence. Des centaines et des centaines de matchs similaires ont lieu au même moment dans toute la France.

Le score est serré. La tension monte. Les esprits s’échauffent. Les tacles sont rudes. Soudain un joueur insulte un adversaire : « j’vais t’niquer sale pd ». Aucune réaction. C’est une provocation, une insulte comme les autres. Mais ce ton est agressif. Comment l’arbitre peut-il laisser passer ça ?

Le beautiful game est le sport le plus populaire du monde. Il rassemble des amoureux, qu’importe leur couleur de peau, leur religion ou leur classe sociale. En théorie, le football fait fondre les différences. En pratique, celles si sont toujours présentes, voire même accrues.

Depuis de nombreuses années, la FIFA et les différentes instances du monde du ballon rond luttent contre le racisme. Son éradication est leur fer de lance. « Say No To Racism » est l’un des objectifs fondamentaux des instances internationales. Avant la Coupe du Monde, le nouveau président de la FIFA Gianni Infantino a d’ailleurs prévenu qu’il se montrerait « extrêmement ferme ». Cependant, les maux gangrénant le football et le monde en général ne se limitent pas qu’au racisme. Et aujourd’hui, on aborde un sujet peu médiatisé, l’homophobie dans le football.

Mais l’homophobie, c’est quoi au juste ? Et bien est homophobe toute organisation ou individu rejetant l’homosexualité et les homosexuels, et ne leur reconnaissant pas les mêmes droits qu’aux hétérosexuels. L’homophobie est donc un rejet de la différence. En France, l’injure, si le caractère homophobe ou transphobe est retenu, est sanctionnée de six mois d’emprisonnement et 22 500 € d’amende. La diffamation, si le caractère homophobe ou transphobe est retenu, est sanctionnée d’un an d’emprisonnement et 45 000 € d’amende.

Sujet tabou depuis des décennies, les langues se délient. Le mariage pour tous, mesure phare du « quinquennat Hollande » ouvrant le mariage aux personnes de même sexe, a contribué à l’émancipation des homosexuels. Emancipation ne signifie pas fin des agressions, malheureusement.

Un constat nuancé.

Selon un sondage réalisé par IPSOS, mené auprès de 2 176 Français, 85% jugent l’homosexualité « acceptable » et le même nombre estime que la lutte contre l’homophobie dans le milieu du football est nécessaire. La moitié considère qu’il est difficile d’être homosexuel dans l’Hexagone. Est-ce du réalisme ou au contraire une méconnaissance de ce que peut endurer une minorité ? En tout cas, près de 7 interrogés sur 10 jugent qu’il est difficile de vivre son homosexualité dans le milieu du football. Nous penchons maintenant vers le réalisme.

1 Français sur 4 (25%) admet tenir des propos homophobes tels que « pédé », « tarlouze », « tapette » devant un match de football. Plus l’investissement dans le football est grand plus cette attitude s’amplifie : ces propos sont ainsi prononcés par 58% chez ceux qui pratiquent le football. Pour beaucoup de supporters, ces insultes ne sont pas utilisées de manière homophobe, elles sont décontextualisées. La majorité n’ont pas conscience de la portée de ces paroles. « On les utilise comme connard par exemple, c’est une réaction à chaud, on est dans le match » m’explique un supporter voulant rester anonyme. C’est justement le reproche fait par les concernés.

Oly, 23 ans, a pratiqué le football pendant 4 années. Enfermée dans un corps d’homme, elle me raconte qu’elle n’a jamais subi directement de discriminations car « je sortais avec des filles, et comme j’ai un corps de garçon j’étais en quelque sorte immunisée de l’étiquette du « gay » ». Elle m’explique que l’utilisation de ces insultes, c’est de l’homophobie, même si ce n’est pas le but recherché quand elles sortent de notre bouche. « Souvent, c’est plutôt l’application du comportement qui est homophobe. Les gros mots types PD, tarlouze… ».

Les insultes ne sont pas uniquement proférées dans son salon, devant sa télévision. Le terrain, les tribunes sont aussi un foyer d’homophobie. Qu’ils soient professionnels ou amateurs, les footballeurs vivent ces situations chaque weekend.

Au cœur du terrain.

Du fait de sa médiatisation, le football professionnel est plus à même de sanctionner l’homophobie, et défendre les joueurs. On peut citer l’éviction temporaire du présentateur de W9 Denis Balbir. Le 12 avril 2018, Marseille élimine Leipzig au Vélodrome lors d’un quart de finale d’Europa League. A la fin de la rencontre, le présentateur, se croyant hors antenne, tient ces propos : « T’imagines ce qu’on a vu hein ? Je suis bien content pour ces pd là, arrogants. Au match aller ils étaient sûr de gagner ». C’est le début d’une polémique, marquée par sa mise à l’écart. Malgré tout, les sanctions sont rarissimes.

Pourtant, la FIFA, la Fédération Française de Football comme la Ligue de Football Professionnelle prévoit de lourdes sanctions à l’égard des propos homophobes. L’article 9 du barème disciplinaire FFF nommé Comportement raciste / discriminatoire indique que tout « propos, geste et/ou attitude visant une personne en raison notamment de son idéologie, sa race, son appartenance ethnique, sa confession, sa nationalité, son apparence, son orientation sexuelle, son sexe ou son handicap » aura comme conséquence 10 matchs de suspension pour un joueur, 5 mois pour un membre du staff.

Le règlement de la FIFA fait savoir qu’un joueur ou un officiel qui incite publiquement d’autres personnes à la haine ou la violence sera suspendu au moins douze mois et subira une amende minimale de CHF 5,000 (4400€).

Le paragraphe sur les comportements discriminatoires du code disciplinaire de la FIFA explique que toute personne qui porte atteinte à la dignité d’un individu ou d’un groupe d’individus par des paroles ou des actes méprisants, discriminatoires ou dénigrants concernant la race, la couleur, la langue, la religion ou l’origine sera suspendue pour au moins cinq matches. En outre, une interdiction de stade et une amende de 20 000 CHF (17 500 €) seront imposées. Si l’auteur de l’infraction est un officiel, l’amende sera d’au moins CHF 30 000 (26600 €). La mention du sexe est manquante. Erreur, texte non mis à jour ? J’ai tenté de contacter à plusieurs reprise la FIFA, sans résultat…

Alors que les sanctions sont absentes, l’homophobie est bien implantée. Selon un sondage mené par l’association Paris Foot Gay en 2013, sur 363 joueurs de L1, L2 et National interrogés, 41% des footballeurs professionnels et la moitié des jeunes évoluant en centre de formation ont déclaré avoir « des pensées hostiles envers les homosexuels ». Chez les professionnels, ils seraient même 15% à souhaiter qu’un coéquipier homosexuel quitte leur club. Cette révélation révèle le climat glacial qui règne autour de l’homosexualité. A ce jour, les coming out dans le football sont quasi nuls. Le premier joueur professionnel à avoir révélé son homosexualité est l’ex-joueur allemand Marcus Urban. Il mit fin à sa carrière pour cette raison. Récemment, c’est Collin Martin, joueur du Minnesota United, qui a annoncé son homosexualité. Il est dorénavant l’unique athlète en activité des Ligues majeures américaines : NBA (basket), NFL (football américain), NHL (hockey), MLB (baseball) et MLS (football).

Evidemment, il n’est pas le seul footballeur homosexuel de Major League Soccer. Evidemment, il n’y a plus d’un footballeur homosexuel en Europe. Cependant, il est très difficile de parler de son orientation sexuelle. Aussi bien dans le vestiaire que dans la presse.

La peur domine. Peur de faire son coming out. Peur des réactions. Peur d’être écarté, peur de s’exposer aux railleries, aux insultes de ses coéquipiers, de ses adversaires. Peur de sortir, d’être agressé, comme le rugbyman gallois Gareth Thomas, un soir de novembre 2018.

FSV Mayence.jpg
Crédit : http://red-and-rude.blogspot.com/ / « 5 années que les supporters de Mayence se battent contre l’homophobie »

Nouvel exemple : Justin Fashanu, football anglais, joueur de Norwich, Notthingam Forrest entre autres, arrête sa carrière 1997, 7 ans après son coming out. La cause ? Les réactions violentes, le harcèlement, les injures, l’abandon de son frère. Certains de ses clubs ont même dû le transférer pour satisfaire ses coéquipiers. Pourtant, jusqu’à preuve du contraire, une orientation sexuelle n’influe en rien sur le niveau de jeu.

Cependant, l’immense médiatisation du football fait office de police face aux discriminations. En effet, à l’heure où les news circulent instantanément sur Internet et les réseaux sociaux, tout écart entrainerait le fautif sur l’échafaud. Ce constat est sans surprise le même au niveau amateur. En France, l’affaire Lemaire avait fait couler beaucoup d’encre. Il y a dix ans de cela, Yoann Lemaire, footballeur amateur, avait révélé son homosexualité avant d’être renvoyé de son club 1 an plus tard.

En revanche, contrairement au monde professionnel, le football amateur, loin des caméras, représente un bassin fertile où l’homophobie croît sans barrière. Les langues se délient plus facilement. Dans certains villages, les nouvelles se répandent vite. Et le harcèlement peut très vite tourner au calvaire.

Léa* n’a jamais avoué à ses coéquipières qu’elle aimait les filles. Elle a accepté de me parler de son expérience. Côtoyer presque intimement des coéquipières fût un frein majeur : « A cause de la promiscuité dans les vestiaires, par peur d’être jugée ou pire, je n’ai pas fait mon CO auprès de cette équipe m’explique-t-elle. Le climat était clairement lesbophobe, je me suis faite passer pour une hétéro ».

« Pour t’expliquer le contexte, le club féminin de Poitiers (ville proche de chez moi) était réputé à l’époque, autour du milieu des années 2005, pour compter pas mal de lesbiennes dans ses rangs. Dans nos vestiaires ça y allait en blagues, pas drôles, déplacées sur les « gouines ». Certaines s’amusaient à imaginer ce qui se passait sous les douches… Ce jour-là, j’ai pris ma douche bien plus vite que d’habitude pour vite sortir de notre vestiaire. » Dans ce climat, il est difficile de s’épanouir et de rester concentré. Les remarques sont souvent omniprésentes. « Ça jasait beaucoup dès qu’une fille « avait l’air gouinasse ». Un jour, une de nos joueuses a laissé entendre que l’équipe de Poitiers voulait la recruter, et une fille lui a répondu « fais gaffe, elles vont te violer », une autre l’a prévenue « si t’y vas, tu vas devenir gouine et bouffer de la tarte aux poils, c’est obligé ». Lorsqu’elle est partie, les filles de mon équipe ont craché sur elle, disant qu’elles avaient toujours su, s’offusquant « t’imagines, elle était déjà comme ça quand elle était chez nous, si ça se trouve elle a fantasmé sur nous, ah c’est trop crade ! ». Ça m’a conforté dans mon idée de cacher que j’étais bi. D’autant plus que ces discours étaient régulièrement prononcés. ». La peur des réactions oblige à vivre caché, et fait pesé une véritable chape de plomb autour de l’homosexualité chez les sportifs.

Dans les tribunes.

Ces comportements ne sont pas que présents sur le rectangle vert. En effet, l’homophobie existe aussi en tribune. Les rencontres professionnelles comme amateures sont rythmées par des chants, des banderoles et des insultes homophobes. Déverser un torrent d’insultes sur un adversaire qui s’apprête à tirer, à passer, à tacler, c’est le jeu des tribunes. Mais des insultes concernant certaines minorités, sexuelles, ethniques, religieuses, sont déplacées. Les arbitres sont aussi confrontés à ces propos, parfois choquants par leur virulence et leur violence. Dans la plupart des enceintes sportives s’élèvent des chants aux paroles fleuries : les « [adversaire] c’est des pédés », avant d’enchainer « il faut tuer ces PD de [nom de l’équipe adverse], il faut les tuer, il faut les tuer ».

J’ai pu discuter avec un ultra d’un grand club de Ligue 1. En virage me raconte-t-il, ceux qui ne chantent pas ont un traitement particulier : « Celui qui chante pas, celui qui chante pas, celui qui chante pas c’est un PD, c’est un PD ohohoh ». Un air qui raisonne douloureusement dans les oreilles de personnes subissant quotidiennement des discriminations liées à leur sexualité.

A des années lumières de notre bonne vieille Ligue 1 se trouve la Première League : la plupart des clubs anglais disposent de groupe de supporter gay ; les GayGooners d’Arsenal, Proud Canaries à Norwich, les Proud Lilywhites de Tottenham, Canal Street blues de Manchester City, pour les plus anciens. La PL est le poisson pilote de la lutte contre l’homophobie dans le football, avec des actions de taille comme ces groupes de supporters, et d’autres de moins grande envergure comme les fameux lacets multicolores portés par tous les joueurs. Dans un communiqué, la PL a expliqué « Le football a le pouvoir de nous rassembler. Les clubs et communautés sont plus fortes quand tout le monde est accepté, et c’est à nous d’y arriver. La PL marchera aux côtés de Stonewall (accompagne gays et lesbiennes, et leur font savoir qu’ils ne sont pas seuls face aux discriminations) pour promouvoir la l’égalité la diversité ».

Outre Rhin, le Sankt Pauli, club populaire d’un quartier d’Hambourg, s’était engagé dès 2013 dans le soutien de cette cause, en hissant le drapeau multicolore sur leur stade.

StPauli
Crédit : http://www.ultra-stpauli.de / Banderoles de bas en haut : « St. Pauli aime la diversité », « l’homophobie peut être soignée ! », « Les fans de St Pauli contre le sexisme et l’homophobie ».

2 ans plus tôt, l’attaquant international allemand Mario Gomez Avait déclaré « que certains joueraient plus libérés » si les footballeurs homosexuels s’affichaient. Selon lui « être gay ne devrait plus être un tabou ».

En outre, l’UEFA a lancé une campagne de publicité en faveur de la diversité, baptisée EQUALGAME. Son crédo ? « Pourquoi aimons-nous tous le football ? Parce que sur un terrain nous sommes tous égaux » Cette campagne est une véritable ode à la diversité, une bataille contre l’exclusion et discrimination. Des spots publicitaires avec Messi, Ronaldo, Pogba Ada Hegerberg ont vu le jour. Le choix de ces joueurs, les 2 plus grands footballeurs de notre époque, d’un Pogba plus que plébiscité, et de la meilleure joueuse féminine, première lauréate du ballon peut avoir un impact certain.

Dans la presse anglaise Pogba a d’ailleurs eu ces mots à propos d’un éventuel coming out : « Je n’ai jamais vu cela, mais pourquoi pas ? Chaque joueur est un être humain, et ce qu’il ressent fait partie de sa vie privée. Tout cela n’a pas de rapport avec le joueur, nous devons juste le respecter. S’il vous respecte, vous devez le respecter, c’est tout. »

Griezmann a aussi abordé le sujet pour le magazine ICON : « Je pense que ce n’est pas habituel parce que nous faisons les durs et les forts. Nous avons peur de ce qui pourrait se dire. Je n’ai rien contre, je respecte tout le monde ».

Souvent, la tourmente qui découlerait du coming out froisse les concernés ? Sportif, footballeur professionnel, c’est le rêve de tout enfant. Après des années d’efforts, de difficultés surpassées, pourquoi mettre en péril le travail accompli ? Les efforts et sacrifices consentis valent il le coup d’être pas ruinés ?

Mot de la fin.

Michel Royer, réalisateur de 20 ans de Révolution Gay ! a récemment travaillé avec Yoann Lemaire, et Dave Raval, chairman des GayGooners sur la réalisation du film documentaire : Footballeur et homo, au cœur du tabou , diffusé prochainement sur France 2.

J’ai eu la chance de discuter avec Michel Royer lors d’un entretien téléphonique. Dans le cadre du reportage, l’équipe a été amenée à rencontrer la LFP, la FFF. Selon lui « la prise de conscience molle, ça avance peu. ». 2 raisons en sont la cause principale. D’une part, aucun rapport de matchs ne remontent, par manque d’habitude. Les comportements homophobes se déroulent souvent sans que l’arbitre en ait connaissance.

D’autre part, l’ignorance culturelle a un rôle prépondérant. La présence d’une culture homophobe est latente, par l’utilisation de mots devenus courants comme pd, enculé. Cela ne choque personne, cela fait partie de mœurs.

Au sein des instances françaises, les réactions se sont fait attendre. Depuis 2008, la LFP a sanctionné les clubs de première division à 4 reprises :

  • Saison 08-09, journée 18, 14 décembre 2008 – OL / OM déploiement d’une banderole à caractère injurieux et homophobe par les supporters lyonnais = 20 000€ dont 5 000€ avec sursis.
  • Saison 10-11, journée 22, 5 février 2011 – OM / ARLES déploiement d’une banderole à caractère injurieux et homophobe par les supporters marseillais = 5 000€ avec sursis.
  • Saison 16-17, journée 17, 11 décembre 2016 – PSG / NICE publication de chants de supporters à caractère homophobe sur compte twitter officiel du PSG = 5 000€ avec sursis.
  • Saison 17-18, journée 5, 10 septembre 2017 – OM / RENNES propos homophobes par les supporters marseillais = 16 500€ fermes.

Mais ces réactions commencent à voir le jour. Ce renouveau est notamment mené par la Présidente de la Ligue de Football Professionnel, Nathalie Boy de la Tour. Le 17 mai prochain, journée mondiale de la lutte contre l’homophobie, la LFP devrait présenter une action sensibilisation dans tous les clubs professionnels français.

En revanche, aucune campagne n’est prévue par la Fédération Française de Football. Ses cadres n’ont pas du tout l’intention de proposer des événements. Le sujet est tabou au plus haut degré de direction « en parler, c’est créer le problème » rapportait un membre de la FFF. Vous l’auriez compris, l’évolution sera lente si les instances restent amorphes. Mais est-ce réellement leur problème ? Depuis des décennies les dirigeants du football semblent se complaire dans leur conservateurisme, privilégiant pour certains le profit aux enjeux humains.

Dans Footballeur et Homo, l’un n’empêche pas l’autre, l’ancien président de la LFP, Frédéric Thiriez expliquait « il faut que le foot donne l’exemple dans la lutte contre toutes les formes de discriminations et de violence, et l’homophobie est une forme de discrimination et de violence. »

Le meilleur moyen de lutter contre l’homophobie est l’éducation. Intégrer un cheminement chez l’enfant pour lui faire prendre conscience. Pour éradiquer l’intolérance, le travail doit commencer chez les plus jeunes. Les questions de racismes, de vivre ensemble, d’homophobie sont primordiales. Que ce soit à la maison, dans les clubs. Cependant, les encadrants refusent de porter ce fardeau. Même dans les plus petites catégories ces règles sont laissées de côté. Le football, précurseur et exemple dans la lutte contre le racisme est désormais un univers rétrograde dans lequel homosexualité rime avec mise de côté.

L’omerta est un éternel fléau, empêchant bien des causes d’avancer. Ce retard immense peut aussi être envisagé sous le prisme de la virilité : le football est synonyme de testostérone. Les insultes homophobes ont aussi une connotation liée au sexisme : « on n’est pas des pds » se traduit par « on n’est pas des femmes, des faibles ». Cette virilité, ce courage serait donc absent chez les homosexuels. Ce nivellement vers le bas fait de l’homosexualité un défaut, un handicap.

Le sport roi, qui incarnait la marche à suivre, qui était un véritable exemple s’est mué en cancre sur la question de l’homophobie. Une situation aux antipodes de celle présente dans les disciplines individuelles, par exemple. Les coming out se multiplient en patinage, danse, plongeon, triathlon. Le football a-t-il besoin d’un « porte drapeau », d’une star de classe mondiale pour porter un nouveau à cette cause ? Tant que le football n’en aura pas, la lutte pourrait rester « inefficace ». Le football a besoin de son « Gareth Thomas ». Si d’aventure une idole du foot venait à déclarer son homosexualité, une marche serait franchie. Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’Humanité.

*Prénom modifié

Récit glaçant d’un ex joueur de Ligue 1 rapporté dans l’excellent entretien de Sebastien Ferreira pour Ultimo Diez :
https://t.co/SLxxcwKvCj

3 réflexions sur “L’homophobie dans le football

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